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Ce qui est à toi est à Facebook

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Une fois de plus, comme à peu près tous les six mois, Facebook modifie sa politique de confidentialité, la nouvelle charte est entrée en vigueur aujourd’hui.

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facebook Crédits : Facebook

Alors, je ne vais pas vous refaire le couplet de « attention, Facebook est un réseau social très intrusif, qui utilise vos données personnelles à des fins commerciales ». Vous le savez, ça, depuis le temps. Vous le savez que la règle sur internet c’est que, quand le service n’est pas payant, c’est que la marchandise monnayée c’est vous : vos données, votre vie privée qui rapporte de l’argent, en étant vendues aux annonceurs de tout poil de façon à mieux vous cibler, à mieux comprendre qui vous êtes, ce que vous consommez et de quelle façon, pour pouvoir anticiper vos attentes, et donc affiner toujours plus les messages publicitaires qu’il faut vous délivrer pour vous pousser à acheter.

Vous le savez, ça ? Bon…

Et puis bon, il est vrai que Facebook a fait des efforts, récemment, pour simplifier ses règle de confidentialité, pour les rendre plus intelligibles, plus claires. Vous pouvez maintenant, mieux qu’hier, décider avec qui vous partagez vos selfies ou vos doigts de pieds sur la plage, mettre d’un côté vos amis qui riront de vous voir avec un slip sur la tête à la soirée de samedi dernier, et de l’autre votre famille ou vos collègues, qui ne le verront pas et ne pourront donc pas afficher la photo sur votre ordinateur lundi avant votre arrivée au bureau.

Néanmoins, dans ces nouvelles règles de confidentialité qui entrent en vigueur aujourd’hui, il y a une disparition qui fait une grande différence.

Quelques lignes, présentes jusqu’alors, qui ont été supprimées. Ces lignes, ce sont les suivantes : « vous restez toujours propriétaire des informations vous concernant que nous recevons, même si vous nous donnez l’autorisation de les utiliser » .

En retirant ces lignes, ce que Facebook fait, discrètement, c’est qu’il vous dépossède de la propriété des contenus que vous lui confiez : photos, messages, statuts, discussion, tout !

Alors, dit comme ça, j’entends d’ici les cries d’orfraie qui résonnent aux quatre coins de l’hexagone (quatre coins de l’hexagone, on en parle ou pas ? non… pas le temps). En fait, c’est un peu plus subtil que ça en a l’air.

Cela pose la question de la propriété privée des données personnelles ; que vous en soyez, ou non, légalement propriétaires, en vous inscrivant à Facebook, vous avez de toutes façons cédé au réseau social leur droits d’utilisation , c’est le B.A.-BA du fonctionnement du site.

Ensuite, ces données personnelles restent, quoi qu’il arrive, un attribut des droits de la personnalité , c’est-à-dire qu’elles émanent de vous, et que vous conserverez toujours des droits d’accès et de rectification sur ces informations.

Parce que les avis divergent sur cette notion de « propriété privée des données personnelles » : certains observateurs estiment qu’il est de la responsabilité des entreprises – et non des particuliers dont elles émanent – d’assurer la protection de ces données, et que transférer leur propriété vers les utilisateurs créerait, de facto, une inégalité entre ceux qui peuvent ou qui savent le faire, et ceux qui se laissent abuser par le marché.

Toujours est-il que sous couvert de transparence accrue, Facebook a décidé de trancher tout seul dans ce débat. Si j’ajoute que le site va désormais utiliser votre GPS ou votre WiFi pour traquer vos mouvements - tiens, dans un magasin, tiens à telle sortie culturelle - plus les données logicielles de votre téléphone ou de votre ordinateur et que son prochain objectif est de collecter vos données de santé… la prochaine étape, c’est quoi ? Vous lui filez les clés de votre appart ?

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