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Chômeur, malheur !

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À retrouver dans l'émission

Suite aux déclarations du ministre de l’économie hier dans le JDD, que faire de l'indemnisation chômage, comment à la fois réduire le nombre de demandeurs d'emplois et endiguer le déficit de 4 milliards de l'assurance chômage, sans pour autant avoir recours à l'esclavage ou au travail des enfants - ça ferait désordre ou vraiment pas socialiste - donc tout compte fait, réduire un peu les allocations, réduire la durée d'indemnisation comme le suggère le ministre de l'économie, c'est un moindre mal.

grrrr !
grrrr !

Quitte pour cela à surfer sur des idées reçues selon lesquelles les chômeurs vivent bien confortablement sur leurs allocations, au crochet de l'état, et que pour les remettre au boulot ces feignasses, rien de tel que de taper dans l'argent de poche, puisque c'est ça finalement dont il est question, sans rappeler qu'en France moins d'un chômeur sur deux perçoit des allocations, et que toutes les études prouvent que diminuer le temps ou le montant de l'indemnisation n'a STRICTEMENT aucun effet sur la reprise du travail, au contraire.

Je ne vais donc pas vous refaire ce matin le cercle vicieux d'une société de chômage de masse : plus de précarité chez les salariés, des salaires plus faibles, et plus de stress pour ceux qui ont un emploi fixe et qui craignent de le perdre.

Et qui dit plus de stress dit plus de travail, et notamment plus de travail à la maison. Voilà je pensais à ça hier soir, dimanche devant mon ordinateur, après votre 7ème texto du week-end Marc. Celui où vous réclamiez mon lancement du jour avec plein de mots en majuscules et des petits smiley fâchés tout rouges.

Et figurez-vous que je suis tombé sur cette étude allemande, publiée récemment dans Chronobiology International... étude qui porte sur le travail supplémentaire, à la maison, en dehors des horaires de bureau, sur un échantillon de 57 000 salariés européens.

Déjà, plus de la moitié de ces salariés bossent de chez eux en dehors de leurs horaires habituels. Vous savez ce que c'est, les mails sur le smartphone, la tablette toujours à portée de main, et hop, alors que votre partenaire vous presse pour que vous alliez à la douche avant de sortir dîner en ville, juste un dernier mail, ça ne mange pas de pain...

Et bien si, précisément ça mange du pain, et ça mange surtout des médicaments ; ce que cette étude révèle, c'est que le prix est lourd à payer pour la santé des salariés qui acceptent de laisser leur vie privée envahie par le travail, au détriment de leur vie familiale ou sociale.

Pour les employés qui déclarent travailler « parfois » en dehors de leurs horaires, le risque de déclarer un problème de santé dans les 12 mois est supérieur de 14% à ceux qui ne travaillent pas de chez eux.

Pour les employés qui déclarent travailler « souvent » pendant leur temps libre, le nombre de problèmes de santé est supérieur de 60%, et il double pour ceux qui bossent TOUS LES JOURS pendant leur temps de repos.

Les troubles les plus courants, sont les troubles somatiques classiques : insomnies, maux de têtes, anxiété et problèmes digestifs, avec tous leurs corollaires, santé plus fragile, arrêts maladie plus fréquents, etc.

Bon, alors vous me direz, plus le travail envahit le quotidien, plus on est fatigué, merci mesdames et messieurs les chercheurs pour cette grande nouvelle.

Certes, on pouvait s'y attendre, mais une fois que ces faits deviennent avérés, scientifiquement, et que l'information est diffusée, les employeurs peuvent se prononcer, en connaissance, entre plus de travail ou plus d'arrêts maladie, qui comme on le sait coûtent cher à tout le monde.

Ou sinon, il y a votre solution Marc, conclure le 12ème texto du week-end par un petit smiley qui sourit en faisant un bisou et des cœurs multicolores.

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