LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Contagion

3 min
À retrouver dans l'émission

Les résultats de l'analyse du génome de la souche du virus EBOLA qui sévit en ce moment ont été publiés fin août dans la revue Science, et ces résultats nous en apprennent à la fois beaucoup sur le départ de cette épidémie, ainsi que sur ce qui en fait la spécificité, à savoir une propension à muter beaucoup plus rapidement que tout ce qui avait été constaté jusqu'alors.

On va commencer par l'étude en elle-même : une étude à laquelle les chercheurs ont payé un lourd tribut, puisque sur les 58 signataires de l'article, 5 ont trouvé la mort, des travailleurs de la santé qui collectaient des échantillons de sang sur les malades.

virus Ebola
virus Ebola Crédits : Radio France

Alors, que dit cet article... ? Premier élément : la souche actuelle, qui sévit en Afrique de l'Ouest est un variant d'EBOLA qui est apparu il y a une dizaine d'années. Un variant de l'espèce ZAÏRE, l'une des cinq espèces du virus, dont l'ancêtre commun remonterait à entre 1000 et 2000 ans.

Autre information : cette épidémie a une caractéristique particulière, c'est qu'il n'y aurait eu qu'un seul patient zéro, c'est-à-dire un seul humain contaminé par un animal, vraisemblablement une chauve-souris, qui est l'hôte naturel du virus. Toutes les autres contaminations sont inter-humaines... or, habituellement, lors des épidémies précédentes, il y a plusieurs petits foyers, souvent dans des zones de jungle reculée, suite à l'ingestion de viande de brousse, notamment de singe...

Et le fait que la contamination soit quasiment exclusivement inter-humaine a son importance. En effet, et c'est l'autre grand enseignement de cette étude génomique, le virus mute particulièrement vite, 2 fois plus vite que les mutations normales entre deux épidémies.

Alors, tous les virus mutent, aléatoirement. Souvent ces mutations n'ont aucun effet, on appelle ça des mutations silencieuses. Or ici, sur les près de 400 mutations constatées, 50 conduisent à des modifications sur les protéines que le virus va produire, ce qui pourrait apporter des modifications à l'action du virus, le rendre déjà plus difficile à soigner, résistants aux traitements, mais aussi plus contagieux, plus adapté à son nouvel hôte qu'est l'être humain.

Le seul signe d'espoir quant à ces mutations rapides et non-silencieuses, c'est qu'un virus, pour maximiser ses chances de propagation, peut tendre à devenir moins mortel, puisque plus la létalité est élevée, plus la capacité de propagation du virus est limitée : les hôtes meurent vite, la durée d’infectiosité est donc plus courte.

La réalité, c'est que les mutations qui sont les plus effectives vont petit à petit devenir dominantes, par sélection naturelle, et que plus l'épidémie dure, et plus le virus EBOLA, quoi qu'il arrive, sera difficile à combattre.

Je rappelle à ce titre qu'à l'heure actuelle, le nombre de cas d'EBOLA double tous les 34 jours. On ne dénombre pas encore 2000 morts pour le moment, l'OMS en prévoir au moins 20 000...

Alors, au final, qu'est-ce que cette analyse génomique va changer... ? Et bien elle va principalement permettre aux médecins de mieux pouvoir appréhender le virus et d'adapter au plus près le sérum expérimental ZMapp, qui est en cours de développement et qui a déjà été injecté à certains patients malgré le fait qu'il n'ait pas été homologué.

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......