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De l'astro-saisonologie

5 min
À retrouver dans l'émission

Pas la peine de le cacher aux auditeurs plus longtemps : une bonne journée aux Matins de France Culture ne peut commencer sans un bon horoscope. Tous les matins lorsque les journaux arrivent dans votre bureau sur les coups de 5h moins 10... vous dépiautez fébrile le paquet de presse pour vous ruer sur la dernière page du Parisien à la recherche de votre horoscope pour la journée.

au gré des saisons
au gré des saisons Crédits : Cherubino

Quelle que soit la foi que l'on prête à l'astrologie, et à l'influence putative de l'alignement des étoiles sur notre destinée individuelle, je vais vous révéler ce matin, alors que nous sommes entrés ici à Paris de plein pied dans 6 mois de dépression saisonnière, ce qui fait bien rire nos amis du sud du pays qui bénéficient encore d’un grand soleil (vous savez à quel point l'emprise de la météo est forte sur moi et ces derniers jours m'ont fait plonger dans une sorte de torpeur et de morosité qui se ressentent grandement dans ce qu'il me reste de vie sociale)... je vais donc vous révéler ce matin que le moment de votre naissance, et plus précisément la saison à laquelle vous avez vu le jour a PEUT-ÊTRE bien plus d'influence sur votre caractère que ce que vous n'imaginiez jusqu'à présent.

Rien à voir avec la position de la lune ou de Vénus dans la Vierge, mais bien du cycle des saisons.

Vous savez que le Trouble Affectif saisonnier, ou dépression saisonnière dont je viens de parler, n’est pas un fantasme de journaliste parisien déprimé, mais bien une réalité qui affecte des millions de personnes, sans qu'on n'en connaisse d’ailleurs bien les mécanismes ; avec l'arrivée de l'automne et de l'hiver, et la diminution de la luminosité et de la durée d'ensoleillement, tout ça a un effet sur nous, vraisemblablement en diminuant nos taux de sérotonine et de dopamine - vous savez, ce sont les molécules dites « du plaisir » - et peut-être même en perturbant nos rythmes circadiens, c'est-à-dire le calage naturel de nos périodes de veille et de sommeil sur le jour et la nuit.

Toujours est-il que ces Troubles Affectifs Saisonniers pourraient bien être transmis de la mère au fœtus, et donc, affecter son développement, et pourquoi pas celui de l'enfant et de l'adulte tout au long de sa vie. Sans compter qu'on n'a pas le même type d'alimentation, et donc d'apports alimentaires en été ou en hiver, et cela aussi pourrait avoir des conséquences sur le développement de l'embryon.

C'est de ce postulat que sont partis des chercheurs hongrois de l'Université de Budapest, les résultats de leur étude ont été présentés il y a une dizaine de jours.

Ils ont pris environ 400 personnes, leur ont fait subir une batterie de tests psychologiques et ont rapproché les résultats en fonction de leurs dates de naissance.

Il en sort ce qu’on appelle des « tendances statistiquement significatives ». Par exemple, les personnes nées au printemps présentent plus souvent un tempérament hyperthymique, c'est-à-dire euphorique, positif et énergique.

Les bébés nés en été seraient eux également hyperthymiques, mais avec une propension à la cyclothymie, c'est-à-dire aux changements d'humeur, au passage d'un état d'euphorie à un état plus déprimé.

Les nouveaux-nés de l'automne présentent moins de risque de dépression que ceux nés en hiver. qui eux, en revanche, auraient un caractère plus stable, et seraient les moins irritables de tous.

Bon, il faut évidemment relativiser cette étude puisqu'elle n'a été conduite que sur des personnes vivant en Hongrie et sur un panel relativement étroit, qui ne dit pas si les bébés nés au printemps au Costa Rica ont le même type de schéma comportemental que les bébés du printemps hongrois. Mais ce ne sont pas les premières études à supposer un lien entre saison de naissance et caractère : un chercheur américain a publié cette année un article dans lequel il trace des corrélations entre la saison de naissance et la prévalence de certains troubles psychiatriques comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires. Selon lui, les bébés du printemps son un peu plus schizophrènes que les autres par exemple...

Bref, tout ceci pour vous dire que ça ne sert à rien de lutter contre la dépression saisonnière, on va tous manger notre pain noir dans les ténèbres pendant 6 mois, et puis pour prévenir les futures mamans qui nous écoutent et dont le terme arrive après le 21 décembre... essayez de le garder au chaud trois mois de plus si vous pouvez.

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