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Ello, is it me you're looking for ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Soyez rassuré, je ne vais pas vous parler de la chanson de Lionel RICHIE, mais d’un tout nouveau réseau social… et ok, c'est lundi, on va oublier ce jeu de mots douteux, c'est le début de la semaine, tout le monde a le droit de prendre un peu de temps pour se remettre en route hein...

Le Ello dont je vais vous parler ce matin, c'est sans le H, c'est ce dont bruisse tout internet depuis quelques semaines, et tout particulièrement depuis ce week-end. Ello, c'est aussi la preuve que nous, radio, média préhistorique, sommes condamnés à réagir à ce type d'actualité avec des parsecs de retard sur la toile. Un parsec, vous savez, c'est cette unité de mesure en astronomie qui correspond, grosso modo à plus de 3 années lumières.

Ello is everywhere
Ello is everywhere Crédits : Nicolas Martin - Radio France

Mais si, nous, la radio somme un média préhistorique, ce sont les réseaux sociaux actuels qui s'inquiètent d'être ringardisés par ce nouveau concurrent, ELLO. Si vous traînez sur Twitter ou sur Facebook, vous avez peut-être vu ces derniers jours des gens pavaner parce qu'ils ont obtenu un compte, ou d'autre mendier une invitation, parce qu'ELLO est encore en phase de développement, en version bêta. Tout le monde n'a pas le droit de s'y inscrire, et comme vous le savez, la rareté fait la valeur du produit...

Alors pourquoi ELLO bouscule-t-il le monde des réseaux sociaux et pourquoi tout le monde s'y est-il subitement précipité ? Des concurrents à Facebook ou Twitter, il y en a eu un certain nombre et à peu près tous s'y sont cassé les dents.

La raison principale, ce sont les chartes que propose ce nouveau site ; la charte graphique déjà, très épurée, teintée d'un minimalisme de bon goût, on est en noir et blanc, avec une icône toute simple qui représente un smiley qui sourit, mais sans les yeux, très post-moderne, une police type code informatique... bref, ELLO c'est déjà très chic.

Mais c'est surtout la charte éditoriale du site qui fait parler d'elle. Parce que voyez-vous, ELLO met en avant le fait que jamais ne seront utilisés, ni commercialisés vos informations personnelles que vous partagez : pas de pub, pas de vente de liste, pas de ciblage marketing. ELLO jure que JAMAIS Ô GRAND JAMAIS elle ne vendra les donnée que vous lui confiez. Une démarche qu'on croirait flirter avec la philanthropie... d'ailleurs, ELLO vous autorise à vous inscrire sous un pseudonyme, sans révéler votre vrai nom, pratique que Facebook par exemple essaye de proscrire. ELLO se revendique comme un réseau social qui serait profondément social, en somme.

Or, vous le savez maintenant, sur internet, quand vous ne payez pas un service proposé par une société, c'est que, la plupart du temps c'est vous, la marchandise... ce sont vos informations, vos données monétisées qui permettent aux sites de générer des bénéfices.

Que se passe-t-il donc de nouveau avec ELLO ? Sur le plan financier, certains utilisateurs ont révélé que les fondateurs du site subsistent grâce à une levée de fond auprès de capitaux risqueurs - vous savez, ce qu'on appelait à la fin des années 90 les business angels.

ELLO a en tout cas réussi à capter l'attention de la médiasphère, en cultivant cette image un rien élitiste, avec un réseau demi-fermé qui n'a pas vocation à devenir un mastodonte, qui ne veut pas devenir aussi gros que ses concurrents, selon son fondateur. Et à l'heure où l'on apprend que Google refuse de plus en plus aux utilisateurs qui le demandent le droit à l'oubli, à savoir d'effacer de son moteur de recherche des résultats que les internautes concernés ne veulent pas voir apparaître.

A l'heure où Facebook installe sur son fil des algorithmes qui orientent les publications que l'on verra, ou non s'afficher sur sa page. A l'heure où Twitter devient mois après mois de plus en plus une décalque du fonctionnement de Facebook et où les différences entre les deux mammouths de l'internet social deviennent de plus en plus ténues.

Et bien quoi qu'on pense du côté trendy, hype, hipster ou tout bêtement, en bon français, à la mode de ce nouvel acteur qui tente de redonner une bouffée d'air frais à un secteur sclérosé, et bien peut-être qu'en effet, Marc, comme le chantait Lionel RICHIE... it's ELLO we're looking for.

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