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Grosses données et petite mémoire

4 min
À retrouver dans l'émission

Je voulais profiter ce matin de la présence de Jean-Christophe RUFIN, ancien neuropsychiatre, pour vous parler de ce projet, une sorte de pas de côté qui pourrait permettre, à terme, de mieux diagnostiquer, et sur des diagnostiques différentiels, ces maladies que sont les maladies dégénératives du cerveau que l'on connaît encore si mal.

scanner cerveau normal/maladie d'Alzheimer
scanner cerveau normal/maladie d'Alzheimer

Parce qu'il y a urgence, au plan mondial ; si on dénombre en 2010 35 millions de personnes atteinte de la maladie d'Alzheimer, ce nombre va plus que tripler en 2050, où l'on prévoit 115 millions de malades.

Et l'un des enjeux majeurs sur ces maladies dégénératives du cerveau, c'est aujourd'hui le diagnostic précoce. On sait qu'Alzheimer apparaît une vingtaine d'années AVANT que les premiers symptômes ne soient visibles. Or, plus tôt la maladie peut être repérée, plus efficaces sont les traitements qui permettent de l'empêcher d'évoluer.

Voilà où rentrent en jeu ces fameux Big Data... Big Data, c'est un gros mot pour dire le recueil et l'analyse croisés d'un très grand nombre de données, analyse qui serait extrêmement fastidieuse voire impossible sans ordinateurs avec une grosse puissance de calcul, qui permettent de croiser, de recouper et de trouver des correspondances, des schémas dans ces immenses volumes de données.

L'objectif du CATI, le Centre d'Acquisition et de Traitement Automatisé de l'Image, qui est situé à Paris, est donc de collecter toutes les données possibles d'imagerie médicales du cerveau issues de plusieurs établissements... quelles que soient les raisons pour lesquelles ces scanners ou ces IRM sont passés, qu'il s'agisse de patients souffrant de maladie neuro-dégénérative ou non. L’idée est d’accumuler le maximum d’imagerie cérébrale, toute pathologies confondues.

Le CATI va par la suite analyser toutes ces images, les recouper en fonction des informations connues sur les lésions que crée la maladie d'Alzheimer et les pathologies associées, et les partager avec les différents centres de recherche au niveau européen et mondial.

L'objectif est, à terme, de trouver des schémas, des indices de l’apparition de la maladie – indices qui n’auraient pas été repérés auparavant, de mieux comprendre comment elle s'installe et se répand dans le cerveau, et de pouvoir, conséquemment, envisager un traitement très en amont de l'apparition des symptômes pour ralentir de manière drastique, si ce n'est interrompre la progression de la maladie.

Vous voyez que l'enjeu est de taille, et il n'y a pas que la France qui planche dur sur ce sujet.

Déjà, c'est une priorité du G8, les 8 pays les plus puissants de la planète, qui se sont engagés à Londres l'année dernière à conjuguer leurs efforts de recherche pour lutter contre ces maladies neuro-dégénératives.

Ensuite, au niveau européen, il y a ce projet un peu fou, le Human Brain Project, qui a pour ambition de recréer, via des supercalculateurs, à l'horizon 2024 - dans 10 ans donc, le fonctionnement exact du cerveau humain, ce qui devrait permettre de faire des progrès exponentiels sur le traitement de toutes les maladies neurologiques.

Enfin, les Etats-Unis se sont eux aussi lancé dans l'analyse des données médicales par le Big Data, ce sont même les premiers à l'avoir fait, et leur objectif est on ne peut plus clair : éradiquer Alzheimer au plus tard en 2025.

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