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La disparition des grands fauves

3 min
À retrouver dans l'émission

Qui n’a pas, derrière son poste, été ému par cette photo, maintes fois réutilisée, d’un ours polaire seul à la dérive sur un morceau de banquise fondue… ? C’est certainement l’image totem du réchauffement climatique en ce début de 21ème siècle.

Non que je veuille vous tirer une larme, ou faire pleurer dans les chaumières - même s’il faut bien avouer que personnellement, cette photo bousille ma journée à chaque fois - Mais c’est aujourd’hui que l’Assemblée Nationale va se pencher sur l’examen du projet de loi de transition énergétique, un texte qui a pour objectif, entre autres, de réduire nos émissions de gaz à effets de serre.

crâne de lion
crâne de lion

Et si je voulais vous parler de la fin des grands fauves ce matin, ce n’est pas tant pour commenter l’éviction de Jean-Pierre RAFFARIN de la présidence du Sénat ou le retour d’Alain JUPPE, non, mais parce qu’un rapport du World Wildlife Fund, le WWF, vient de révéler qu’en 40 ans, depuis les années 70, la moitié des espèces sauvages de la planète ont disparu.

C’est 2 fois plus que les dernières prévisions, il y a 2 ans, qui recensaient une diminution de 28% de ces espèces sauvages, et celles qui payent le plus lourd tribut sont les espèces aquatiques d’eau douce, dont trois sur quatre ont disparu.

Nous aurions donc bel et bien les deux pieds dans la 6ème grande extinction de l’histoire de notre planète ; parce qu’on ne parle que celle des dinosaures, vraisemblablement à cause d’un impact de météorite au Crétacé il y a 65 millions d’années, mais celle-là était déjà la 5ème, il y en avait eu 4 autres avant, allant parfois jusqu’à la disparition de 95% des espèces animales, et 70% des espèces végétales.

La différence majeure, si 6ème grande extinction il y a, ce qui fait encore débat dans la communauté scientifique, c’est que cette fois, ce n’est pas à cause d’une chute d’astéroïde, d’un volcan géant ou d’une période de glaciation… mais bel et bien à cause de nous tous… de vous, de moi… bref, de l’espèce humaine.

Mais comme je suis, au fond, vous le savez tous, un gentil garçon et que je ne veux pas vous ruiner le moral pour la journée, j’aimerais attirer votre attention sur deux phénomènes qui, bien loin de minimiser l’importance de cette extinction, ou de nier l’influence du réchauffement climatique - bien au contraire - permettent de le regarder d’un autre œil et de varier un peu le refrain « on va tous y passer, ce sera de notre faute et ce sera bien fait pour nous ».

D’abord, et je vous renvoie pour ça au numéro de Sciences et Vie du mois d’octobre, il semblerait que la nature s’adapte mieux, et plus vite que prévu. Dans des écosystèmes ravagés par la pollution par exemple, de nouveaux équilibres se créent entre la faune, la flore et le nouvel environnement ; par exemple la Deule, rivière polluée au phosphore, qui ne présentait plus de signe de vie depuis plus d’un siècle, a vu un nouvel écosystème émerger de la pollution.

Des espèces animales, déplacées par le changement climatique ou par l’urbanisation, retrouvent une place dans ces environnements modifiés par l’action humaine et reforment de nouveaux équilibres écologiques.

Et puis l’autre bonne nouvelle, au regard de l’histoire des extinctions précédentes, c’est qu’elles n’ont pas empêché à la vie de poursuivre son chemin. Certes, c’est peut-être grâce à cette chute d’astéroïde que nous ne sommes pas des reptiliens ou des dinosaures évolués mais des mammifères… mais si à force de polluer, l’être humain finit par disparaître, et bien réjouissons-nous, pour le futur, de l’avènement de la civilisation des cafards !!

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