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A la grotte !

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Il ne vous aura pas échappé, à vous, fin observateur de l'actualité la plus brûlante, et principalement des prévisions météo à 12 jours, que la parenthèse estivale du week-end dernier n'était précisément qu'une parenthèse, vous n'êtes pas tombé dans la panneau, vous, de ce retour de volée de l'automne, contrairement à Mathieu CONQUET, tout grippé, qui regrette amèrement ce matin d'être venu faire sa chronique hier en short et en débardeur...

Don't feed the troll
Don't feed the troll

Et bien figurez-vous que moi non plus ; hier soir, j'ai ressorti ma pelisse, d'aucuns diraient ma peau de bête, et après avoir fait bouillir plus que de raison quelques légumes terreux et autres herbes suspectes, je me suis réfugié derrière mon ordinateur en écoutant la pluie tomber dehors et en soufflant sur ma mixture bouillante et malodorante. Je suis retourné, sous mon identité hivernale , proche de l'état de bête sauvage, semer terreur et zizanie sur mes forums préférés.

Vous les connaissez ces forums, où l'on râle tout le temps, où l'on dit du mal de tout le monde (et de France Culture, par exemple), où l'on passe sa mauvaise... que dis-je... son humeur exécrable au fil du clavier jour après jour.

Et oui, je vous le confie ce matin : hier soir, le Troll qui sommeille en moi s'est réveillé pour la saison froide.

Vous savez ce qu'est un Troll ?

Voilà, ce n'est pas que ce géant poilu, souvent stupide, et régulièrement mousseux, issu des mythes nordiques, qui vit au fond des cavernes dans des effluves de biquette crevée à vous décoller la rétine.

C'est aussi ce personnage, enfin, ce dont ce dessin est devenu l'emblème, à savoir un internaute pénible, celui qui a toujours le commentaire de trop, qui en rajoute toujours une couche, celui dont la mauvaise foi vous donne envie de casser votre clavier, celui à qui vous vous promettez de ne pas répondre et puis vous ne pouvez pas vous en empêcher tellement ça vous agace... et il a TOUJOURS un mot en plus, TOUJOURS une remarque désobligeante en plus ; d'ailleurs, il y a un dicton en anglais qui résume bien tout cela : « don't feed the troll », ne lui répondez pas, ne le nourrissez pas où il se réveillera à nouveau.

Bref, le Troll, c'est la PLAIE 2.0

Pourquoi est-ce que je vous parle de Troll ce matin ? Et bien parce que le gouvernement britannique a décidé, hier, de sévir contre les trolls. C'est Chris GRAYLING, le Secrétaire d'état à la justice, lui même qui a décidé de multiplier par 4 les peines de prisons encourues, qui pourront aller jusqu'à 2 ans contre ce qu'il appelle lui-même les Trolls, « ces lâches qui empoisonnent la vie de la nation ».

Chris GRAYLING fait bien sûr référence aux cas extrêmes de harcèlement sur internet, harcèlement qui ont poussé certains adolescents à des gestes désespérés. En France, 40% des adolescents entre 13 et 16 ans disent avoir été victime au moins une fois de harcèlement en ligne - la loi le sanctionne d'ailleurs de la même façon qu'en Grande Bretagne, par 2 ans de prison.

Mon propos ce matin, c'est de dire qu'il faut évidemment être extrêmement vigilant et que la loi doit être implacable contre ces personnes qui se servent de l'anonymat permis par internet pour diffamer, blesser et humilier.

Mais selon moi, et quelques internautes partagent cet avis, il faut laisser les trolls hors de tout ça. Harceleur n'est pas trolleur. Vous allez me dire que je pinaille sur de la terminologie... je ne crois pas. Il faut définir, donner un nom à ces comportements odieux et lâches qui détruisent des personnes fragiles, et le harcèlement en ligne définit bien cette pratique.

Le trolling, les trolls sont aussi vieux qu'internet, presque autant que les LOLcats - ces petits chats stupides qui jouent du piano avec un bonnet de Père Noël que vous affectionnez tant Marc. Les trolls, c'est une population guère sympathique, souvent exaspérante, mais c'est aussi l'une des facettes du réseau, la manifestation de sa capacité à générer des discours libres, la nuisance corollaire indissociable de tout espace de liberté.

On a tous, à un moment donné, été le troll de quelqu'un d'autre, et puis contre les Trolls, il y a une méthode imparable, je vous le disais : don't feed the troll... et vu ce que je viens de leur donner à manger ce matin, je suis bon pour passer l'hiver au chaud !

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