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Le retour des plats en sauce

3 min
À retrouver dans l'émission

Vous aurez noté que depuis le début de la semaine, j'espère que les auditeurs m'excuseront, mais je n'arrive pas à me faire à ce passage à l'automne, au 6 mois de pluie, de froid et de goutte au nez qui s'annoncent... j'ai toujours eu du mal à gérer les changements de saison, et encore je ne vous parle pas de mes rhumatismes.

Haricots polonais à la tomate
Haricots polonais à la tomate Crédits : Silar

Me voilà donc hier soir, rentrant chez moi humide, frigorifié, les doigts gelés et le bout de la chaussette toute mouillée - vous savez comme c'est désagréable - bref, transi de froid. Et comme je m'obstine à ne pas vouloir remettre le chauffage pour vivre en paix avec ma conscience écologique, quel autre choix avais-je que de me précipiter dans la cuisine pour me préparer un énorme plat bien chaud, bien roboratif... bref, un plat d'hiver quoi.

Parce que, que vous le vouliez ou non, voilà où nous en sommes rendus : à manger des plats en sauce, avec ou sans viande pour ne pas froisser Mathieu RICARD, des gratins, des hachis, des patates, bref, des plats hypercaloriques saturés en lipides ; c'est l'hiver, adieu la ligne de l'été péniblement construite à force de privations inutiles, vous savez de quoi je parle Marc, pas la peine de lutter contre notre métabolisme.

L'hiver, le corps reconstitue ses réserves : à défaut d'hiberner, on refait le plein de glucides, de lipides et surtout d'énergie pour lutter contre la chute des températures.

Et avec le retour des plats en sauce, c'est l'inéluctable retour des bourrelets.

Et dieu sait qu'on ne l'aime pas cette graisse, c'est certainement ce qu'on aime le moins dans notre corps (juste après les poils sur les épaules). Cette graisse qui représente pourtant entre 15 et 20% de notre poids adulte, avec pas moins de plusieurs dizaines de milliards de cellules graisseuses.

Et bien on ferait bien de l'aimer un peu plus cette graisse, et pas seulement pour accepter notre corps tel qu'il est, et pas tel que les publicitaires aimeraient nous faire aimer qu'il soit, mais aussi parce que, et je parle sous le contrôle d'un docteur en génétique cellulaire, plusieurs recherches récentes prouvent que la graisse, ou plutôt les différents types de graisse ont des fonctions biologiques ESSENTIELLES à la survie de l'organisme.

En gros, que la graisse est aussi vital pour nous que le foie ou les poumons.

Ecoutez-bien, parce que c'est assez contre-intuitif : la graisse est essentielle pour la régulation de l'activité cardio-vasculaire. Elle permet au corps de gérer la pression artérielle, elle empêche la formation de caillots et elle conduit même à la création de vaisseaux sanguins dans les organes qui ne sont pas assez irrigués.

La graisse serait aussi notre meilleur régulateur de température, grâce à des mécanismes totalement indépendant du système nerveux, une couche graisseuse qui se règle sur nos cycles de sommeil, en diminuant notre production de chaleur la nuit, quand nous sommes bien au chaud.

La graisse développe également nos défenses immunitaires. Bref, la graisse, c’est la santé !

Tout ça évidemment, dans le cas où elle n'est pas en surabondance et où sa quantité reste régulée. N'y trouvez donc pas là un argument pour faire double ration de fromage à raclette tout l'hiver, je vous vois du coin de l'oeil.

En revanche, la prochaine fois que votre cher(e) et tendre vous fait des reproches sur vos petits bourrelets, vous pourrez lui faire un grand sourire, reprendre du plat en sauce et lui dire d'écouter cette chronique, parce que bon, dans ces conditions, ils peuvent être pas si mal que ça ces 6 mois d'hiver.

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