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Les hasards de la concurrence

3 min
À retrouver dans l'émission

Et oui, encore un sujet sur les sciences cognitives… vous savez, depuis que Luc BESSON m’a appris, dans son dernier film, que l'être humain n'utilisait que 10% de son cerveau, je me suis passionné pour les neurosciences en me disant que peut-être, moi aussi un jour, j'arriverai à changer ma coupe de cheveux juste par la force de ma pensée. Bon en fait c'est, évidemment, totalement n'importe quoi hein, nous utilisons bien plus que 10% de nos capacités cérébrales je vous rassure, et en même temps vous allez me dire que c'était pas très malin de croire l'argument d'un film de Luc BESSON, et vous aurez bien raison.

facultés cérébrales
facultés cérébrales

Voilà donc une expérience que je viens de faire : « ne pas croire l'argument d'un film de Luc BESSON », expérience que mon cerveau a mémorisée, et sur laquelle je me baserai pour des prises de décisions futures, comme « ne pas retourner voir un film de Luc BESSON » ; c'est un mécanisme empirique traditionnel, l'évaluation de l'efficacité d'une décision fondée sur les expériences passées.

Oui mais voilà que des chercheurs américains viennent de démontrer (l'étude vient tout juste d'être publiée) que dans des situations un peu plus compliquées, des situations nouvelles, qui réclament une réponse rapide, ou une décision à prendre en état de stress ou de concurrence accrue, notre cerveau pourrait court-circuiter ce parcours empirique : il va changer de stratégie pour nous conduire à des prises de décisions aléatoires, s'en remettre au hasard, si vous préférez.

C'est en tout cas comme ça que se sont comportés des rats : plus la concurrence est ardue pour obtenir une récompense sucrée, plus les prises de décisions de ces rats se font sur un mode aléatoire, totalement déconnecté des souvenirs de leurs expériences précédentes.

Mais il y a un revers à ce mécanisme qui est, ni plus ni moins, une tentative instinctive de prendre l'ascendant sur un concurrent, ou sur une situation vécue comme angoissante.

C'est ce qu'on appelle « l'impuissance apprise ». L'impuissance apprise, c'est un comportement identifié dans les années 70, qui décrit notre faculté à laisser tomber, tout simplement... à rentrer dans des états dépressifs quand à force d'échouer, on n'y arrive pas. Du coup, quand une situation d'échec se représente, et bien au lieu de retenter le coup, de prendre de nouvelles décisions pour surmonter le problème, on se résigne, on subit, en quelques sortes.

Ces conclusions ouvrent de nouvelles voies pour traiter, entre autres, des dépressions chroniques lorsque des sujets se retrouvent bloqués en mode aléatoire, à force d'échecs répétés, en étant incapable de prendre de décision stratégique (et je vois Brice COUTURIER me regarder du coin de l'oeil, non je ne suis pas en train de parler de François HOLLANDE).

Voilà également pourquoi hier soir, au moment d'écrire cette chronique, dans la compétition extrêmement rude que vous développez, Marc, entre Matthieu CONQUET et moi-même, et bien au lieu d'écrire une chronique tout à fait spirituelle sur les professions réglementées mon cerveau a choisi aléatoirement de vous parler ce matin de notre faculté à choisir aléatoirement. Vous avez bien suivi ?

Allez, je cède la parole à mon concurrent direct, on verra bien qui gagnera sa récompense sucrée à la sortie du studio.

L'équipe
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