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Tout ça, c'est la faute aux Russes

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Il faut rappeler pour commencer ce qu’est ce projet GALILEO : c’est un système de guidage européen, qui a pour vocation, à terme, de remplacer le GPS américain que tous vos appareils géolocalisés, ou presque, utilisent à l’heure actuelle. GALILEO, c’est un réseau d’une trentaine de satellites, placés sur 3 plans orbitaux différents, déployés progressivement au cours des prochaines années, avec une entrée en service définitive aux alentours de 2020. L’enjeu économique, et scientifique est donc de belle taille.

lancement d'un module Galileo par Soyouz
lancement d'un module Galileo par Soyouz

Or, patatras… au moment du lancement le 22 août dernier des deux premiers satellites opérationnels, rien ne se passe comme prévu, comme dirait l’autre. Au lieu de se retrouver sur une orbite circulaire à 23 000 km de la Terre, les deux satellites se retrouvent sur une orbite elliptique, qui varie entre 17 et 26 000 km, et surtout sur un mauvais plan d’inclinaison.

Pour un projet de cette importance stratégique, et compte tenu du coût de ce ratage - environ 140 millions d’euros - il va sans dire que tout le monde s’est empressé d’examiner à la loupe ce qui a raté, et qui en est responsable.

Il s’avère que les deux satellites ont été lancés par un lanceur russe SOYOUZ. Selon les premiers rapports d’enquête, c’est l’étage supérieur du lanceur qui aurait dysfonctionné, le module FREGAT, qui – je cite le rapport – ne s’est pas mis en « mode barbecue », c’est-à-dire qu’il n’a pas effectué les rotations nécessaires pour répartir la température sur le module, entre d’un côté la chaleur du soleil et de l'autre le froid de l’espace. Marc, vous le savez en bon spécialiste du barbecue dominical, si on ne retourne pas la côte d’agneau… elle crame.

Outre cette appétissante métaphore, ce qu’on sait surtout de ce dysfonctionnement du module FREGAT, c’est qu’il n’est pas mécanique ; le module a été utilisé plus de 40 fois sans aucune anomalie. Le problème serait dû à une erreur de programmation, ou d’installation, ce qui pointe directement la responsabilité de la Russie dans cet échec.

Alors, faut-il y voir un acte de malveillance de la part des russes, commandé par l’action conjuguée des tensions militaires en Ukraine et de l’importance stratégique pour l’Europe de ce projet GALILEO. Peu probable, même aux pires périodes de la Guerre Froide, la coopération spatiale internationale s’est toujours très bien passée.

En attendant le rapport d’enquête final et les conclusions que Moscou, qui veut reprendre au plus vite les tirs de SOYOUZ, n’a pas l’air d’être pressé de donner… qu’est-ce que ça va changer ? Et bien tout d’abord, le contrat qui lie la Commission et l’Agence Spatiale Européenne à SOYOUZ. Ariane 5, le nouveau lanceur européen arrive en 2015, le lancement des prochains satellites pourrait donc être repoussé pour être confié à Arianespace, d’autant qu’Ariane 5 pourra lancer 4 modules d’un coup, au lieu de 2 actuellement pour SOYOUZ.

Qu’est-ce que ça va changer pour le projet GALILEO… ? Et bien tout n’est pas totalement perdu. Si ces deux satellites ne pourront pas être remis sur une orbite correcte, ils pourront en revanche servir de test pour la prochaine série de satellites issus de la même chaîne de fabrication. Ils ne sont donc pas TOUT A FAIT perdus pour la cause. Par ailleurs, GALILEO compte 30 satellites en tout, dont 3 de réserve, donc le projet entier n’est pas mis en danger.

Et pour vous Marc, qu’est-ce que ça change… ? Et bien en attendant de pouvoir être guidé par un système de géolocalisation entièrement européen, d’ici 2020… vous allez mieux surveiller vos côtes d’agneau sur le barbecue dimanche prochain.

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