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What is love ?

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Qu'est-ce que l'amour ? Ou plus précisément : quel effet a le sentiment amoureux, au long cours, sur nos fonctions cérébrales ? Une équipe sino-américaine vient de publier une étude qui prouve que plus l'amour dure, plus certains circuits de notre cerveau se reconfigurent.
Ce matin, c'est banco. C'est le retour du soleil, le retour du printemps, alors du coup ce matin je vous donne tout, le plus beau de ce que je peux vous donner, ce matin c'est cadeau, ce matin je chante la vie, je danse la vie... ce matin... je vous parle d'amour.

what is love ?
what is love ? Crédits : Victorgrigas

Et je tiens à préciser, pour nos auditeurs, et pour vous dans ce studio également, que je me suis placé à distance raisonnable de Matthieu CONQUET pour des raisons qui vous apparaîtront assez clairement vers la fin de cette chronique.

Vous vous souvenez, Marc, que toute cette semaine, c'est la semaine mondiale du cerveau, je vous en parlais hier, le programme est à retrouver sur semaineducerveau.fr... mais pas d'inquiétude, pas de protéïne béta-amyloïde, pas d'axones, par de striatum dorso-ventral, ce matin on va faire simple, le plus simple possible : ce matin, je vais vous expliquer le rapport entre le cœur et la raison, entre le sentiment et l'analyse, entre l'amour et la pensée, bref, ce matin je vais vous dévoiler ce que c'est que l'amour, et plus précisément, ce que l'amour fait à votre cerveau.

Et ce, grâce à une étude d'une équipe pluridisciplinaire sino-américaine, qui vient d'être publiée dans la revue Frontiers in Human Neuroscience.

Bon, vous imaginez que ce n'est pas la première étude, ni la première fois que des chercheurs essayent de comprendre les mécanismes de l'amour sur la physionomie, et principalement sur le fonctionnement de notre cerveau. Le problème majeur avec l'amour, c'est qu'il s'agit d'un sentiment complexe, qui joue sur un grand nombre de facteurs, comme le plaisir, la dépendance, l'excitation, l'attachement, la prise de risques, voire la modification de personnalité, et j'en passe un certain nombre.

Jusqu'à présent, les recherches s'étaient contentées d'observer les réactions du cerveau face au stimulus de la personne aimée. En l'occurrence, en regardant via une IRM les réactions cérébrales d'une personne qui contemple une photo de sa moitié.

La nouveauté dans l'expérience effectuée par cette équipe, c'est que l'objet de l'étude a changé. Les neuroscientifiques ne sont pas allés à la recherche d'une réaction, mais plus généralement de l'activité cérébrale générale de personnes se définissant comme « amoureuses ».

Pour ce faire, elles ont pris une centaine d'étudiants, les ont divisés en trois groupes : un groupe « amoureux », un groupe « séparé », qui sortait d'une relation amoureuse il y a plus ou moins longtemps, et un groupe « célibataire », qui se définissait comme n'étant jamais tombé amoureux ou n'ayant jamais eu de relation amoureuse au long cours.

Les chercheurs ont donc surtout tenu à examiner la configuration du cerveau et son activité en fonction de la durée, de l'interruption ou de l'absence du sentiment amoureux, pour répondre à la question suivante : est-ce que l'expérience de l'amour peut affecter l'architecture fonctionnelle du cerveau ?

Et la réponse est : oui, bien entendu. Les IRM des personnes définies comme amoureuses montrent que le cerveau se reconfigure dans un certain nombre de secteurs, notamment dans les circuits dits « de la récompense », vous savez, ceux qui sont à l'origine de la libération de la dopamine – la molécule du plaisir - lorsque vous accomplissez une action qui vous apporte de la gratification. Ces circuits sont plus actifs, et, chose étonnante pour les vieux couples qui nous écoutent et qui en ont ras le bol de ramasser les petites culottes ou les chaussettes qui trainent chaque matin au pied du lit depuis plusieurs dizaines d’années… eh bien ces circuits dopaminergiques sont d’autant plus actifs que la relation amoureuse est longue. D'autres zones sont également reconfigurées pour être plus effectives : les zones qui gèrent les interactions sociales, la motivation et évidemment, les émotions.

Encore une fois, ce n'est pas tant que ces zones soient sollicitées qui constitue l'intérêt de cette étude. Mais plutôt qu'après plusieurs années de relation amoureuse, ces zones sont nettement plus mises à contribution que chez les personnes qui n'ont soit jamais connu de relation amoureuse, soit qui ont rompu et dont le cerveau, petit à petit, finit par voir l'activité de ces zones s'amoindrir jusqu'à revenir au point de célibat.

Voilà en tout cas un premier pas dans une approche neuroscientifique inclusive des mécanismes amoureux... Et surtout, surtout, enfin un début de réponse à cette question qui a si longtemps agité les dancefloors des années 90... qu’est-ce que l’amour

Je suis désolé, j'ai pas pu résister, voilà pourquoi je voulais Matthieu Conquet loin de moi, pour éviter de me prendre une beigne...

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