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Abelardo Barroso Cha Cha Cha c’est tout

5 min

Abelardo Barroso
Abelardo Barroso Crédits : Radio France

Mémoire et mystique ce matin avec Abelardo Barroso "le Caruso cubain" objet d'une réédition somptueuse chez World Circuit. Tout l’âge d’or de la musique cubaine contenu dans l'art d'Abelardo Barroso (aucun rapport avec Manuel celui de la commission Européenne) : on est dans les années 50 du côté du club de La Campana et celui qui avait été un chanteur très populaire dans les années 20 et 30 (avec le Sexteto Habanero, le septeto Nacional) en est réduit à de petits boulots et quelques pourboires quand un jeune directeur musical, Rolando Valdès, à la tête de son nouvel Orchestro Sensación lui propose de chanter avec eux. Ils enregistrent ensemble « En Guantánamo » (là encore aucun rapport avec ce que le nom évoque aujourd’hui) et la chanson devient un des grand tubes du cha cha cha, nouvelle mode dansée dans le monde entier. « Et voici la Milonga de Barroso en cha cha cha » comme il est dit au début de "La Hija de Juan Simón"

Si vous sentez comme une influence flamenco dans le chant de Barroso, pas de hasard : celui-ci est parti vivre quelques temps en Espagne avant de revenir à Cuba.

Je parlais de mystique au début et de fait ces cha cha cha qui ont l’air très légers pèsent autrement dès lors qu’on écoute les paroles : ici la fille de Juan Simon doit être enterrée et le seul fossoyeur en ville se trouve être son père ... La chanson précédente « Un brujo en Guanabacoa » parle d’un sorcier dans le quartier africain de la Havane avec des formules yoruba, incantations et offrandes à faire. Pour ce qui est de la danse, suivez le livret du disque : vous y trouverez un croquis avec les pas de danse à suivre, où placer le pied gauche puis le droit... sinon écoutez Barroso et Miranda discuter en route pour une soirée rumba ou guagancó.

Abelardo Barroso idôle du producteur anglais Nick Gold (qu’on connaît depuis le Buena Vista Social Club, c'est lui qui réalise tout le travail de réédition et de notes précises à partir du label cubain Puchito). Mais Barroso est aussi une star en Afrique de l’Ouest où ses disques sont des références jusque dans les années 70, et plus loin encore : récemment le chanteur Nigérian Flavour N'abania signait un de ses plus gros tubes "Nwa Baby" à partir de la chanson « El Manisero ».

Abelardo Barroso toujour vivant donc, on se quitte avec El Huerfanito, (l’orphelin) et la flute de Juan Pablo Miranda, arrangeur de génie pour l’orchestra bien nommé "Sensación".

extraits diffusés :

Un Brujo en Guanabacoa

La Hija de Juan Simón

La Reina del Guaguancó

El Huerfanito

Abelardo Barroso with Orquesta Sensación CHA CHA CHA (World Circuit/Harmonia Mundi)

expérience comparative :

  • El Manisero par Abelardo Barroso & Orchestra Sensación :
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