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Alain Souchon & Laurent Voulzy : jamais content

5 min

Alain Souchon & Laurent Voulzy : jamais content
Alain Souchon & Laurent Voulzy : jamais content Crédits : Radio France

Souchon & Voulzy en stéréo, et c’est pourtant une première : ensemble depuis 40 ans, ils ont signés à quatre mains « J'ai 10 ans », « Rockollection »… « Belle-Île-en-Mer, Marie Galante » mais paraît ce matin leur premier album en duo. Le titre « Alain Souchon & Laurent Voulzy » suit un peu froidement la hiérarchie de la Sacem (on donne toujours le nom du parolier avant celui du mélodiste) et ce jeu de « quoi est à qui », c’est un peu la ludique principale du disque, qui avec cette chanson-là « Derrière les mots » pose cette question : qu’est-ce qu’une chanson dit de son auteur ? Méta chanson sur l’angoisse d’être lisible ou pas, de dire « La révolte et la colère parfois / Derrière les mots, derrière les voix / Sur ma guitare tout seul et tout bas / Refaire le monde »

Au risque de paraître un peu « Bidon » ou « Jamais content » on s’étonne qu’ils le refassent aussi peu : on navigue, on marche entre l’Angleterre et la France, les bords de mers, croise des jeunes filles en mal de « bad boys », carte et territoire connus à l’image de cette "Idylle anglo-normande" attendue.

On retrouve le sud de l'Angleterre, la région de Portsmouth, où réside Laurent Voulzy, les promenades en bateau, il est aussi question juste après de la correspondance de entre Saint-Exupery et sa femme Consuelo… seul titre en prise directe avec le contemporain dans ce disque : « L'Oiseau malin / regarde et voit (…) Les financiers dans leur mystères, qui jouent sur les écrans plasma lon-la ; l’argent que tant de gens espèrent »

On a entendu de plus vigoureuses critiques sous les même plumes. L’impression se renforce à l'écoute, d'une collaboration qui tourne à la contrainte pour chacun et qu’à force de demi-teintes, d’adaptation à ce que l’autre ne saurait chanter (Voulzy s’est toujours dit incapable de chanter quelque chose comme « Allô, Maman bobo » ; de même qu’on imagine mal Souchon s’investir dans une Jeanne d’Arc métaphysique) on en arrive à une neutralisation du propos. Chanter sur rien c’est peut-être le dessein Flaubertien du disque, c’est parfois aussi littéral que ce chant médiéval comme un canon duel « On était beau »

On était Beau (au singulier) une des deux compositions très courtes du disque 30’secondes pas plus, suivie de « Souffrir de se souvenir » qui contredit la simplicité et la surprise précédente : « la douleur exquise du temps qui glisse » topos nostalgique sur un piano dont on jurerai qu’il est blanc, il suffit parfois d’une réverbération pour vous faire douter d’un texte.

extraits diffusés :

Derrière les mots

Idylle anglo-normande

On était beau

En île de France

Alain Souchon & Laurent Voulzy (Parlophone/ Warner)

Tournée à partir d’avril

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