LE DIRECT

Amit Chaudhuri et le “lapsus auditif “

6 min

Amit Chaudhuri
Amit Chaudhuri Crédits : Radio France

“Ceci n’est pas de la fusion” c’est le propos et la musique d’un écrivain Amit Chaudhuri invité de marque du Festival des écrivains du Monde qui se tient depuis hier jusqu’à dimanche à Paris (consacré cette année à l’Inde). Il donnait hier un concert Amit Chaudhuri et ce soir il donnera une conférence à propos de son dernier livre « Calcutta - Deux ans dans la ville » (ed. Hoëbeke). Comme il le raconte dans le livre, pour sa famille « ce que je fais à Calcutta – l’écriture, la musique – ne peut pas être considéré comme du travail. (…) ils constituent pourtant la raison – viscérale - pour laquelle nous ne plions pas bagage ». C’est un musicien au parcours peu commun puisque originaire du Bengale, il a longtemps vécu à Bombay, avant de partir faire des études en Angleterre. Jusqu’ici rien d’anormal. Mais s’il commencé comme chanteur de musique classique Hindustani pendant 20 ans il explique que ses premiers souvenirs d’écoute sont des souvenirs de blues, rock, jazz : il jouait de la guitare pendant les années 70, et quand il s’est tourné vers la musique indienne il l’a fait de façon radicale, en tournant le dos à tout le reste pendant les années 80. Depuis Amit Chaudhuri parle de ses compositions comme des Objets trouvés de Duchamp, est capable de pointer ces intersections existent entre musique Occidentale et Indienne, dans des similarités structurelles par exemple entre les gammes pentatoniques du blues et celles de ragas (comme le Jog qu’on vient d’entendre) Son approche « qui n’est pas de la fusion » il la résume ainsi : disposer face à face les musiques du XXème s. occidentales et ragas indiens traditionnels, c’est aller au delà des points de croisements entre l'Ouest et l’Inde et trouver un espace où « les héritages s'affrontent, se rénovent et s'altèrent au contact de l'autre » Découvert du grand public en 1991 avec Une Etrange et sublime adresse (court roman suivi de nouvelles) Amit Chaudhuri remplit ses livres de musique : dans Raga l’après-midi (2005) le narrateur qui vit à Oxford se souvient de son vieux professeur qui lui enseignait la musique avec sa mère. Dans Les Immortels la musique apparaissait comme un élément central de sa narration sur le devenir indien. Ici il évoque les figures de Satiajit Ray mais aussi celle de Ravi Shankar. Peut-être le maitre du sitar (disparu l’année dernière) aurait apprécié ce jeu du « laspsus auditif » (point de départ de ce projet « ceci n’est pas de la fusion ») : exercice sur le raga Todi avec un motif d’Eric Clapton … Extraits diffusés : Country Hustle Jog bahar drut Motz The Layla Riff ti Todi Disques : “Found Music” “This is Not Fusion” Livre : Calcutta - Deux ans dans la ville (ed. Hoëbeke)

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......