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Antonio Zambujo intime : le souffle et la langue

4 min

Ce n’est pas parce qu’il chante « Fatalidade » qu’Antonio Zambujo joue sur le registre tragique.

Rua da Emenda
Rua da Emenda Crédits : Radio France

A presque 40 ans, Zambujo est devenu une figure d’un certain renouveau de la musique portugaise, un crooner à la musique étrange, douce-amère, ici pas tout à fait en « fado desconcertado » (désaccordé) comme il le chantait auparavant, mais plutôt un genre qui devient le sien avec le temps. Issu de la tradition du Cante Alentejano (tradition du chant polyphonique de la région où il a grandi, à Béja, au Sud du Portugal), Antonio Zambujo s’est fait connaître à Lisbonne en jouant le rôle du premier mari d’Amalia Rodriguez sur scène, quelques années après la mort de la grande chanteuse. Depuis il s’éloigne à chaque fois un peu plus du répertoire fadiste pour chanter ses contemporains, comme Miguel Araujo qu’il arrange avec accordéon « Pica do 7 » il est question de la ligne 7 du tramway de Porto, l’electrico jaune…

Antonio Zambujo, guitariste et champion de la lusophonie. Jugez plutôt : un portugais célèbre au Brésil depuis que Caetano Veloso a écrit un article très élogieux à son égard, il est aussi attaché à la musique du Cap-vert, a déjà chanté quelque morna et repris le texte d'un auteur angolais… Bref encore un détour vers le répertoire du Timor oriental et il touchera bientôt les 260 millions de locuteurs lusophones (ceux dont le portugais est la langue maternelle). Mais la force d’Antonio Zambujo est d’abord légère : le souffle du jazz cool et la voix basse de la bossa si l’on se fie à son crédo vocal : « deux voix m'ont donné envie de chanter : Chet Baker et Joao Gilberto ». Ou le chant de l’intime, du micro.

Si comme Zambujo vous aimez Chet Baker ruez vous sur le documentaire « Let’s get Lost » de Bruce Weber, journal intime, triste et brillant du trompettiste et chanteur. On se quitte avec une chanson qui parle d’une autre chanson, et dans une langue nouvelle pour Zambujo « La Chanson de Prévert ».

Extraits choisis :

Fatalidade (Joao Monge / Manuel Maria)

Pica do 7 (Miguel Araujo)

Valsa Do Vai Nao Vas (Samuel Uria)

La Chanson de Prévert (Serge Gainsbourg)

Disque : Rua da Emenda (World Village)

Concerts : Vendredi 23 janvier 2015 à La Cigale à Paris

à La Folle Journée de Nantes du 24 janvier au 1er février

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