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The Art of McCartney : Yesterday ?

5 min

THE ART OF McCARTNEY
THE ART OF McCARTNEY Crédits : Radio France

Vous aurez peut-être reconnu la voix de Yusuf Islam (Cat Stevens) qui chante « The long and winding road ». Cette lecture plus dépouillée que celle qui était parue dans l’album “Let it be” rend peut-être plus justice à l’écriture McCartney que les arrangements de Phil Spector qui l’avaient mis hors de lui à la sortie de l’album des Beatles en 1970 (pour la petite histoire cette chanson a été écrite le même jour que « Let it be »). Rendre hommage à la créativité, au talent de Paul, c’est le projet de ce disque THE ART OF McCARTNEY : double album qui sort aujourd’hui. Plus de 40 artistes de différentes générations (et de différentes chapelles) comme Smokey Robinson, BB King, Def Leppard, le dernier des Bee Gees ou même Bob Dylan sont ici réunis. Peu de femmes au passage : seulement trois sur les deux disques, dont Chrissie Hynde et, plus étrange Corinne Bailey Rae. Trois autres sont reléguées dans les bonus du coffret Deluxe : Ronnie Spector, Wanda Jackson et Darlene Love. Pour le choix des titres c’est plus ou moins évident selon l’interprète mais Dylan, lui, choisit « Things we said Today », comme si les chansons faisaient office de dialogue.

Cet hommage de Dylan à McCartney s’impose comme un des (trop rares) bons moments de cette compilation pléthorique, où tous les standards ressortent : Hey Jude, Yesterday, Helter Skelter (ici chanté par Roger Daltrey des Who) sauf « Here, There and Everywhere » dont on se demande pourquoi elle manque, et bien sûr « Here Today », message de Paul à John au lendemain de l’assassinat de John Lennon. Brian Wilson fait ici une sortie remarquée pour chanter Wanderlust (une chanson tirée de Tug of War 1982). Mais même si entendre l’âme des Beach Boys chanter s’avère toujours émouvant, quelque chose manque, et des lectures plus outrées comme celles de Billy Joel n’allègent pas l’ensemble. Aussi “vivre ou laisser mourir”, on a presque envie de choisir. Point faible majeur de cette grande entreprise du producteur Ralf Sall : ne libérer aucune des interprétations, imposant à chacun de jouer avec les musiciens qui jouent depuis des années avec Paul McCartney. Résultat, les gardiens du temple empêchent toute interprétation. Beaucoup essaient de ressembler à l’original sans apporter ce qui fait leur sonorité (le pire étant “Hello Goodbye” par The Cure, quasi-antinomique). Ceux qui s’en sortent restent toujours eux-mêmes, comme Dr. John avec « Let’em In ».

A l’écoute The Art of McCartney s’avère être, malgré lui peut-être, un disque ludique (finalement propre à l’humour de Macca) : on joue à l’écoute à l’aveugle, et repense systématiquement à l’originale, ou bien on va la chercher sur internet. Ecoutez ici par exemple « Venus and Mars/Rock Show ». Venus, c’était Linda et Mars, Paul lui-même dans l’album du même nom en 1975, ici la version 2014 celle de KISS, changement d’astres. On se quitte avec la lecture toute personnelle et pour le moins bouleversante de « Yesterday » par Willie Nelson, 81 ans.

Yusuf Islam (Cat Stevens) « The long and winding road »

Bob Dylan « Things we said Today »

Billy Joel « Live and Let Die»

Dr. John « Let’em In »

Kiss « Venus and Mars / Rock Show »

Willie Nelson « Yesterday »

Disque : The Art of McCartney (Arctic Poppy / Caroline)

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