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Bassekou Kouyaté & Ngoni Ba, force tranquille

5 min

Bassekou
Bassekou Crédits : Radio France

Ayé Sira Bla "Laissez le passage" dit la chanson de louange interprétée ici par Bassékou Kouyaté et l'ensemble Ngoni Ba. Vous pensez entendre des guitares électriques, or il n'y a en pas une seule dans ce groupe familial où jouent deux des fils de Bassékou Kouyaté et où chante sa femme, Amy Sacko. Ngoni Ba ou le ngoni haut et fort.
Ici c’est un ensemble de quatre instruments semblables mais de taille différentes (un peu comme dans un quatuor à cordes), électrifiés ici pour certains. Le Ngoni le luth Malien assez proche du Guembri que l'on trouve aussi chez les berbères (en Algérie notamment). Ngoni instrument classique, lié aux griots, quatre cordes et un jeu de bourdon auxquels Bassékou Kouyaté a apporté ses propres transformations, faisant évoluer le son d'un instrument vieux de plusieurs siècles. Cette sonorité Bassékou l’a fait entendre dans le monde entier, jouant avec Ali Farka Touré, Damon Albarn, U2... Pour ses albums personnels il évoque ses valeurs, un attachement certain à la tradition mais aussi l’actualité de son pays comme dans Abé Soumaya (Le feu s'éteindra) : « notre pays a été attaqué à cause de notre faiblesse (...) le Mali où vivent l'islam et la tolérance »L’album précédent de Bassékou Kouyaté avait été marqué par les événements politiques au Mali (le premier jour d'enregistrement à Bamako était aussi le jour du coup d'état des militaires le 12 mars 2012, suite au conflit avec des rebelles touaregs et divers groupes islamistes au nord au pays). Depuis sa musique déjà chargée d'électricité évoque aussi les questions de son pays, ici de façon indirecte : le premier titre Siran Fen (Faites attention) dis ceci : « méfiez-vous de ceux qui divisent une communauté », le second morceau parle lui du pouvoir des femmes (Musow Fanga). Le titre que l’on va entendre est presque de circonstance pour le sujet du jour : Waati « soyez attentifs, soyez prêts à recevoir une visite qui s'annonce », et la voix d’Adama Yalonba pour rivaliser avec Bassekou Kouyaté et Ngoni Ba... On se quitte avec la dernière piste du disque, la plus personnelle, “Bassekouni” démonstration de virtuosité simple. Citons ici Arthur Hedley à propos de Chopin “La simplicité est la réussite absolue. Après avoir joué une grande quantité de notes, toujours plus de notes, c'est la simplicité qui émerge comme une récompense venant couronner l'art.Extraits diffusés : Aye Sira BlaAbé SumayaWaatiBassekouni Bassekou Kouyaté & Ngoni Ba « Ba Power » (Glitterbeat Records) []() []()À voir, les images d’un concert donné en mai 2015 au Moers festival (captation Arte)

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