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Brigitte, femme plurielle

5 min

A Bouche que veux-tu
A Bouche que veux-tu Crédits : Radio France

Après « Ma Benz » ou « Battez-Vous » Brigitte signe un album d'abondance : cordes et cuivres, tentations disco mais aussi orientale ou reggae, au titre précieux A BOUCHE QUE VEUX TU. Un disque écrit, composé et produit par Brigitte sous leur propre label B. Records, Aurélie Saada et Sylvie Hoaro femmes fortes de la chanson légère. Il est question d’amour passagères dans un Hôtel avec un inconnu que l’on vouvoie, d’un couple au bord de l’explosion (pas sans lien avec un match Arsenal-Marseille) de femme plurielle, de filles qui ne pleurent pas : écriture au féminin, ce qui ne veut pas dire manifeste ou féministe. Au contraire même, ce qui irrite certains, alors derrière un jeu peut-être un rien fleur bleu assumé se cache une « ode à la docilité » comme on peut le lire dans Telerama ? à voir.

Brigitte comme Bardot, Lahaie et Fontaine, elles l’ont souvent répété à qui leur demandait, ajoutant même « Brigitte femme de flic » chanson phare du Ministère A.M.E.R. or, il se trouve que le rapport au rap va plus loin chez Brigitte qu’une simple reprise de N.T.M qui les a fait connaître. Brigitte rejoue volontiers avec l'écriture rap, qu’elle écoute à l’évidence (point commun avec Benjamin Biolay) d’où ce goût du ton direct : « se lécher le museau » « je cours après le cash mais j’aime ça » « Qu’est ce j'la kiffe ta mère, surtout quand elle la boucle et qu'elle dégage » formules sans conséquence si elles n'étaient pas contrebalancées par un usage aussi régulier d’un français presque précieux. « Fier comme Artaban » entend-on en exergue d'un morceau (rare que le style du roman pastoral de La Calprenède soit encore d’usage) « Hier encore mon cœur était sans roi » Brigitte évoque un « miroir idéal à sa logorrhée » et réactive l’expression heureuse « A Bouche que veux-tu » un goût de XVIIème siècle dans le parlé de la rue, même sur un perchoir.

Autre changement chez Brigitte (qui ne devrait pas manquer de décevoir ceux qui attendent d’elles les positions affirmées d’Anne Sylvestre) : un changement d’apparence extérieure qui tend à l’uniformisation. Exit le duo-duel, la brune la blonde, la voici désormais jumelle, chacune ressemble à l’autre. Brigitte femme doublée, plus de hippie chic ni de grosses lunettes rondes, mais une frange uniforme et la confusion qui s’installe.

Brigitte femme "plurielle" comme le dit un des titres, à la fois maman et putain, pour des chansons qui s’adressent au corps, d’où le disco récurrent et cette indécision dans un texte quasi Haïku : « J’ai chaud, j’ai peur, j’sais pas » Ad libidum.

extraits diffusés :

A Bouche que veux-tu

Oh Charlie Chéri

Le Perchoir

J’sais pas

A Bouche que veux-tu (B.Records – Columbia)

Tournée qui reprend à partir du 29 janvier à Strasbourg, puis en février à Nantes, Toulouse tournée jusqu'en Mai 2015 avec l'Olympia

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