LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Cecilia Bartoli, Tsarine des mezzo et historienne d’occasion

6 min

Cecilia Bartoli, Tsarine des mezzo et historienne d’occasion
Cecilia Bartoli, Tsarine des mezzo et historienne d’occasion Crédits : Radio France

Tout commence par le timbre et le sens dramatique de Cecilia Bartoli pour cette lamentation : « Vado a morir » la chanteuse romaine qui s’impose en tsarine des mezzos avec ce disque St Petersbourg (Decca) ici en grand manteau et toque de fourrure blanche pour illustrer ce nouveau projet consacré à la musique d’opéra jouée en Russie au XVIIIème siècle. L’opéra russe n’a pas commencé en 1836 avec Une vie pour le tsar de Glinka, mais un siècle avant, en 1736. L’air que vous entendez ici vient du tout premier opéra italien représenté en Russie La forza dell’amore e dell’odio de Francesco Domenico Araia, qui sera donné (en version russe cependant) à Saint-Pétersbourg. Cette entrée de l’opéra surtout italien en Russie du à trois femmes : Anna Ivanovna, Elisabeth Ière et Catherine II, impératrices attachées au rayonnement culturel et musical, qui vont successivement inviter à la cour de Russie les meilleurs musiciens et chanteurs italiens ou allemands et forcément commander des œuvres en langue Russe écoutez ce « Razverzi pyos gortani, laja » Cecilia Bartoli en russe, pour la première fois (Altesta de Hermann Raupach sur un livret du poète Alexandre Soumarokov).

Vous pourrez entendre aussi la musique de Luigi Madonis, violoniste appelé en Russie et acteur immédiat de sa vie culturelle : le livret disque raconte comment, marié à une cantatrice géorgienne impliquée dans le complot qui porte au trône Elisabeth Petrovna, il écrit une musique spécialement pour le couronnement de la fille de Pierre le Grand le 29 mai 1742. Vous saurez aussi comment en 1787 Cimarosa est invité par Catherine II. Or, chacun de ces compositeurs, quand ils quittaient la Russie, devaient laisser leurs partitions à la cour. Ce qui explique, raconte Cecilia Bartoli, que leur musique soit si peu connue ailleurs. La chanteuse a pu puiser dans les manuscrits conservés à la bibliothèque du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, avec l’aide de Valery Guerguiev. Comme toujours la chanteuse star conçoit ses disques comme des supers productions de cinéma : documentation sérieuse et complète, mais aussi photos de mises en scène et films teaser... elle fait même un peu d’histoire en s’amusant avec cette reproduction d’une pièce d’origine douteuse : une table richement sculptée (avec organes sexuels) attribuée au prétendu cabinet érotique de Catherine II... ici reproduite pour l’anecdote et peut-être les malentendus. Retour à la musique avec l’Ensemble I Barroquisti (dir. Diego Fasolis) qui souffle le chaud et le froid sur cette page d’histoire de la musique en Russie.

Extraits diffusés :

Francesco Domenico Aria : « Vado a morir » (La Forza dell’ amore e dell’odio)

Hermann Raupach : Altsesta « Razverzi pyos gortani, laja »

Hermann Raupach : Siroe rei di Persa « O Placido il mare »

Cecilia Bartoli (mezzo-soprano)

Ensemble I Barroquisti (dir. Diego Fasolis)

Disque : Cecilia Bartoli – St Petersbourg (Decca)

Concerts : 1er et 7 nov au Théâtre des Champs Elysées (Paris)

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......