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David Garrett, violoniste dans le vent

5 min

David Garrett « Timeless »
David Garrett « Timeless » Crédits : Radio France

Le premier concerto pour violon de Max Bruch, ici interprété par l’Orchestre Philharmonique d’Israël. Un orchestre fondé en 1936 et qui à l'époque s'appelait orchestre de Palestine (il sera rebaptisé en 1948 au moment de la création de l'État d'Israël). Dirigé notamment par Leonard Bernstein, et depuis des années par Zubin Mehta, un Indien, nommé chef à vie depuis 1981. Au violon vous entendiez David Garrett. Pour ceux qui ne le connaissent pas, David Garrett c’est plusieurs images et histoires de l’industrie du disque à lui seul : enfant prodige, il avait enregistré avec Claudio Abbado à l’âge de 13 ans puis, abandonné par son label Deutsche Grammophon, il avait fait un come-back remarqué à 20 ans seulement. Désormais édité chez Decca, il joue pleinement la carte « Crossover » avec un look étudié : barbe de trois jours, bagues tête de mort et une légère décoloration, cheveux longs dans le vent, indispensable pour jouer Brahms à de nouveaux publics.

Le violon de David Garrett dans le concerto en ré de Brahms. Malgré un look assez tranché qui peut plaire ou déplaire (biker romantique pourquoi pas) l’interprétation et les déclarations d’intention de David Garrett sont ici très mesurées :

« Si chaque violoniste a son propre son (...) au final la seule chose qui compte c’est la composition. Tout est dans la partition et tout ce qui m’importe c’est d’y être fidèle »

En Allemagne David Garrett est un peu l’équivalent d’un jeune André Rieu, il s’est fait connaître du grand public en jouant Michael Jackson ou Nirvana, il a même battu un record de rapidité sur le Vol du Bourdon de Rimsky-Korsakov, à la télévision. Pas sûr que les compositeurs auraient souhaité cela. Mais où est le problème me direz-vous si cela peut susciter des vocations ou attirer certains vers d’autres répertoires ?

Peut-être qu’aujourd’hui ils sont trop nombreux dans le monde dit classique à jouer la carte décalée sans faire entendre vraiment une différence (combien d’agneaux déguisés en loup). Deux exemples au hasard dans les sorties cette année : Cameron Carpenter crête iroquoise et débardeur, en sueur devant son clavecin évoque moins Bach qu’une backroom, quand Jean Muller et son programme Transcendance fait directement penser à Stars sous hypnose de Messmer et très peu à Franz Liszt. Retour à la musique et aux accents de musique tzigane chez Brahms. Coloration plus que décoloration.

Extraits diffusés :

Max Bruch - concerto pour violon n°1 en sol mineur op. 26 – Vorspiel (allegro moderato)

Johannes Brahms – concerto pour violon en ré, op. 77 Allegro giocoso, ma non troppo vivace

Johannes Brahms – concerto pour violon en ré, op. 77 Allegro non troppo

David Garrett « Timeless » Brahms & Bruch – The Israel Philharmonic Orchestra - Zubin Mehta (Decca)

concert le 22 mars au Théâtre des Champs Elysées à Paris

31 mars Bourse du travail de Lyon

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