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Dayme Arocena, nouvelle ère de La Havane

6 min

Daymé Arocena
Daymé Arocena Crédits : Radio France

« Quand je chante, je me perds, c'est comme si ce n'était pas moi, comme si une masse me tirait par ici ou par là » une voix habitée à l’évidence que celle de Daymé Arocena, jeune cubaine de 22 ans qui publie cette semaine son premier album « Nueva Era » nouvelle ère.

Titre de circonstance au moment où La Havane et Washington se rapprochent, (et l’on revient de loin : le département d’Etat américain a annoncé il y a deux semaines le retrait de Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme –décision aux conséquences importantes– Cuba était sur cette liste depuis 1982).

Ce disque n’est pas tellement le produit d’un rapprochement Amérique-Cuba mais plutôt entre Cuba et l’Europe puisqu’il a été produit en partie à la Havane et à Londres, par l’intermédiaire du DJ et collectionneur Gilles Peterson, avec le soutien du mécénat culturel de la marque Havana Club. Dayme Arocena, elle, se soucie d’abord de ce qui passe dans sa voix, dont acte : « la canción es mi drama »

A 22 ans, Dayme Arocena a déjà passé plus de la moitié de sa vie passée à chanter : premier pas sur scène à l'âge de huit ans, études classiques au conservatoire pendant 9 ans, soliste et chef de chœur, elle a appris au sein de la chorale de sa communauté mais aussi en Big band, ce qui ne l’empêche pas de citer Whitney Houston comme son idole (et cela s’entend un peu dans son chant). Attachée à une pratique musicale ouverte, notamment aux femmes, elle avait formé autour d’elle un groupe soul-jazz cubain entièrement féminin, dont elle se sépare ici pour des musiciens de studio anglais.

Le premier morceau écrit avec son producteur Simbad (proche collaborateur de Gilles Peterson) était une chanson d'amour au titre un rien ambigu « Don't Unplug my body » ici au cœur du disque un titre suivant plus limpide en forme de berceuse cubaine, Niño, où la chanteuse fait entendre toutes les nuances d’une voix parfois blessée ou surpuissante. Amour et incantation au programme de Dayme Arocena qui chante ici en espagnol mais aussi en anglais et en yoruba. Spiritualité et syncrétisme tiennent là une place importante, Dayme Arocena, élevée dans la santería afro cubaine n’élude rien du mysticisme de sa musique. Elle se souvient aussi de sa mère qui étudiait le Russe dans les années soixante, même si elle ne se souvient plus des mots... comme le dit la chanson.

Extraits diffusés :

Madres

Drama

Niño

El ruso

Nueva Era (Brownswood Records)

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