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Flavien Berger : descente jusqu’au Léviathan

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En chœur et sous pulsion, c’est l’ouverture du premier album de Flavien Berger, sorti cette semaine. Le chiffre huit, répété huit fois (88888888 titre du morceau que l’on entend), Flavien Berger serait-il formaliste ? Ambitieux mais sans calcul en tout cas. On avait eu l’occasion d’entendre déjà sa « Fête noire », titre monstre aux structures en mouvement, on ne s’étonnera pas du titre lui aussi mouvant de cet album : « Léviathan ».

Le Léviathan, créature mythique, « monstre du chaos primitif » sorte de dragon – serpent marin, signe de la fin du monde et des temps, que l’on retrouve partout en occident depuis la Bible en passant par Moby Dick de Melville, chez Lovecraft ou Rimbaud, quand chez Thomas Hobbes (Léviathan, Traité de la matière, de la forme et du pouvoir d'une république ecclésiastique et civile, 1651) il incarne le contrat qui lie les peuples et l’Etat...

Chez Flavien Berger, c’est un monstre fascinant qu’on approche qu’en descente profonde, sans éveiller son attention, l’occasion de quelques romance de fonds marins, des abysses à l’Abyssinie : « les limbes aquatiques... fantômes de baleine... une lointaine idylle des abysses... » Flavien Berger joue habillement sur les mots et les glissements de sons, des abysses à l’ancienne Ethiopie, le royaume d’Abyssinie. Et figurez-vous que l’auteur de cette pièce maitresse du Léviathan s’appelle Maya de Mondragon, également réalisatrice d’un beau clip synthétique de Flavien Berger (Rue de la victoire : https://www.youtube.com/watch?v=ld3z-dUpr7E)

Berger volontiers crooner un rien Daho, l’exubérance en plus, dans ce titre de séduction : Gravité... écouter (à genoux ?) les murènes synthétiques de ce Leviathan, un disque conçu comme une plongée plutôt qu’un voyage, une descente qui tend vers l’abstraction progressivement et se finit avec un monstre : le dernier titre « Léviathan » qui dure un peu plus d’un quart d’heure, comme une récompense.

Et si tout n’était qu’artifices, attraction et jeux de lumière en mouvement ? Après tout comme il est dit plus tôt, le plus beau des voyages c’est la fête faux, la fête foraine.

(mc)

extraits diffusés :

88888888

Abyssinie

Gravité

La fête noire

Leviathan (Pan European Recordings)

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