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Hanni El Khatib, du sang et de la sueur.

5 min

Vous aimez les tatouages, la bière mexicaine, les vanités et les serpents ? Bienvenue dans Moonlight, le clair de Lune d’Hanni El Khatib, nouvel album mordant et pour le moins ambivalent du californien.

Hanni El Khatib
Hanni El Khatib Crédits : Radio France

Entreprenant cet Hanni El Khatib : à la fois directeur de son propre label (Innovative Leisure), chanteur et producteur pour d'autres (les français de Wall of Death), c’est lui qui joue de tous les instruments ici, à l'exception de la batterie.

Pour ceux qui le suivent depuis son apparition en 2011, il s’agit ici son 3ème album, il a joué un peu partout dans le monde - même en première partie de Johnny Hallyday. Et puisqu’on parle de territoire sinon de carte, il se présente en californien pur jus, à l’évidence même : élevé à San Francisco d’une mère philippine artiste et d’un père palestinien ingénieur dans la Silicon Valley, il a lui-même travaillé comme graphiste dans la pub, le skateboard et les vêtements avant de choisir la musique.

Hanni El Khatib marqué par l’industrie mais aussi l’idéal californien et sa face sombre, le disque commence par ce clair de Lune (Moonlight) qui donne son titre à l'album et se termine par une élégie, un baiser vers l’au-delà : Two Brothers

« J’ai perdu deux frères cette année, j’espère qu’ils sont partis sans peur, qu’il savent que je les aime, que leur frère les aime encore, que leur mère les aime, que leurs enfants les aiment

Un disco noir élégiaque en sortie de disque plutôt rock, une échappée inattendue et intime puisque Hanni El Khatib parle ici de ses oncles morts dont il a manqué l'enterrement, hommage funèbre tardif et par la danse.

La part d’ombre décidément importante chez Hanni El Khatib, on retrouve ailleurs dans ce disque une fascination pour le rêve américain brisé (des Cadillac renversées à sa lecture du « Heartbreak Hotel » de Presley qui l’avaient fait connaître), parmi ces symboles à deux faces, le dollar et sa devise croyante : « Worship Song (No.2) » ou la chanson amère du culte du dollar. Une ambivalence qui est presque la marque de cet album où l’on voit sur la couverture une main tenir un crotale menaçant. Qui contrôle vraiment la situation et qui est l’agresseur dans ce dessin réaliste ? On se quitte avec un dernier haut le cœur (et pas haut les cœurs) le titre « Home », parole de celui qui veut à tout prix retrouver sa maison, un enfant kidnappé dans une cave... Quand on vous dit qu’il ne rigole pas, Hanni.

extraits diffusés :

Moonlight

Two Brothers

Worship Song (No.2)

Home

concerts : Splendid de Lille le 27 février, 28 février à Besancon, à Rouen le 3 mars, Gaité Lyrique à Paris le 4 mars aussi Nantes, Caen, Reims

album “Moonlight” (Innovative Leisure)

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