LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Homeboy Sandman : course de fond et pas de morale

6 min

Homeboy Sandman « Hallways »
Homeboy Sandman « Hallways » Crédits : Radio France

Le pote marchand de sable (si l'on traduit littéralement) vient du Queens, New York. Son nouvel album Hallways vient de paraître et ce que vous entendez au départ ici, c’est la porte d’entrée du disque : pas évidente sur la musique de Philip Glass ( "1,2,3" vous aurez peut-être reconnu le thème, les comptes de Einstein on the Beach ici échantillonné et retravaillé avec une certaine finesse) et l’exercice assez brillant se termine par un échec : à 2mn le morceau s’arrête brutalement parce que Homeboy Sandman s’aperçoit qu’il a répété une rime...

Figure assez surprenante ce Homeboy Sandman, Angel Del Villar II, de son vrai nom, né 1980, d'origine dominicaine, il a fait ses études de Droit dans une des universités de l'Ivy League (ces grandes universités de la Côte Est qui ont notamment du lierre sur leur bâtiments, symbole de leur ancienneté) et il est aussi prof, il écrit de temps en temps pour le Huffington post ou le site Gawker, fait rimer Apollon et Platon, se nourrit de tous les sujets et de toute musique même d’orchestres... Côté musique Homeboy Sandman collabore avec beaucoup de producteurs renommés comme DJ Spinna, Oh No, Jonwayne -des noms qui ne vous disent peut-être rien mais ce sont d'excellent producteurs- il a même invité un joueur de luth dans son album (Jozef van Wissem, musicien assez curieux, avait composé la bande originale du dernier film de Jim Jarmusch (Only Lovers Left Alive) tout cela au service d’une gymnastique verbale virtuose. Homeboy Sandman ne s'appuie pas du tout sur les breaks ou des changements dans la musique, chaque piste est une longue course de fond, vous cherchez parfois la sortie ou le moment de respiration et il ne vient jamais. Le titre "Personal Ad" est un des rares morceaux ouvertement sexuel d'Homeboy Sandman, une « Pub personnelle » assez crue où il demande aux filles de n’être pas trop facile, se compare à un Adonis de bronze, défaillant à l'occasion. S'il dénonce régulièrement la misogynie du rap, Homeboy est souvent aussi drôle que grave. Il rappe sur son compte en banque modeste, raconte comment il a arrêté son régime Vegan, parle de l’angoisse d’un test sanguin et de celle d’affronter sa mère "l'idée de me retrouver seul m'a toujours effrayée", évitant surtout de donner une quelconque morale à son propos. Ouf. On se quitte avec "Stroll" ode à la ville de NY et aux longues marches dans son quartier du Queens.

Homeboy Sandman « Hallways » (Stones Throw)

extraits diffusés :

1,2,3 (DJ Spinna)

Activity (J57)

Personal Ad (Professor Brian Oblivision)

Stroll (SOL626)

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......