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James Brown, le film : super bad

4 min

James Brown
James Brown Crédits : Radio France

Il ne vous aura pas échappé qu’un film sur la vie de James Brown sortait au cinéma cette semaine, vous irez peut-être voir la performance physique de Chadwick Boseman qui incarne le Godfather of soul. Il ne s’agit pas de faire ici une critique de film, la bande annonce résume assez bien son idée : reconstitution impeccable, costumes, perruques, flash-back sur les traumas de l’enfance… On retrouve comme dans Ray ou le film sur Johnny Cash cette tentation d’expliquer le talent par l’anecdote, ce qui s’avère souvent gênant.

Ca commence pourtant assez fort avec l’apparition du Soulbrother N°1 fin des années 80, en jogging vert, fusil à pompe à la main en train de menacer un petit congrès d’assureurs parce que quelqu’un a utilisé ses toilettes personnelles. L’entrée biographique par le petit bout de la cuvette s’avère finalement plus fine que le contraste un peu souligné entre le contrôle autoritaire (violent même) de sa vie privée et une impression de liberté totale sur scène.

C’est là un des choix forts du film, faire voir le plus possible de concerts. Aussi la musique n’est pas réduite au fond sonore : reconstitution du concert à l’Apollo en 1962 ou encore sa démonstration de force face aux jeunes Rolling Stones, à qui il donne une leçon de danse. Mick Jagger qui a co-produit le film s’en souvient bien. Le prédicateur transfiguré en gourou sensuel, le leader d’opinion qui signe « I’m Black and I’m proud » qui soutient ensuite Nixon, figure complexe et révolutionnaire que James Brown. Et la révolution passe par le corps, comme l’illustre la scène où il explique à son saxophoniste Maceo Parker que tous les instruments sont une batterie, que tout est rythmique, à commencer par son propre corps.

L’autre parti pris c’est d’insister sur le « man behind » : son ami Bobby Byrd (qu’on entend ici chanter avec lui) seul alter ego de James Brown, celui qui l’a découvert et qui est resté à ses côtés pendant des années malgré les humiliations, et que Brown supplie finalement de revenir avec une chanson. Côté malin et tordu du film, la charge sexuelle de James Brown est telle qu’elle rejaillit sur tout, y compris l’amitié, même après sa mort.

Extraits diffusés :

Super Bad (enregistrement live à Paris 8 mars 1971)

Soul Power (enregistrement live à Paris 8 mars 1971)

Get Up (I feel like being a) Sex Machine (live)

Get On Up – James Brown : une épopée américaine- Bande originale du film (Polydor)

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