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Kasai Allstars : Méfie-toi du fétiche

5 min

Kasai Allstars “Beware the fetish”
Kasai Allstars “Beware the fetish” Crédits : Radio France

On ne croit pas, d’abord, au son incroyable des Kasai Allstars. Le deuxième album du groupe originaire de République Démocratique du Congo « Beware of the fetish » est paru cet été et si vous ne les connaissez pas encore, il faut se jeter sur ces deux albums, d’autant qu’il est difficile de les voir en concert, étant régulièrement exposés à des problèmes de visas. La première chanson qu’on entend ici est une pièce chantée pour le couronnement d’un chef, le moment où les gens font part de leurs attentes. La question du chef sans doute s’est-elle posée de façon particulière pour un groupe qui réunit cinq ethnies et cultures différentes entre les quinze musiciens, tous originaires de la région diamantaire du Kasai.

Guitares et likembé électrifiés, percussions et sono de fortune, vous entendez le « tradi-moderne » un son réhabilité, enregistré et présenté partout dans le monde grâce à un label belge, Crammed Discs, et un ingénieur du son, Vincent Kenis. Il a fait connaître plusieurs groupes de Kinshasa dont certains (Konono N°1) ont même été jouer avec Björk. Mais le quotidien des musiciens, même quand on les célèbre, reste difficile à Kinshasa comme l’écrit Kalubi Grand prêtre dans Down & Out.

Petit retour historique sur les origines de ce mouvement « tradi-moderne » ici expliqué par Vincent Kenis : dans les années 70, à l’époque du combat entre Mohammed Ali et Georges Foreman, Mobutu a voulu faire la promotion de « l’authenticité », grand mouvement politique selon lequel le Zaïre ne manquait de rien. La musique étrangère est bannie des radios et les autorités vont donner des guitares et des amplis à des groupes traditionnels : résultat pas de rupture avec la tradition mais une réinterprétation par d’autres moyens. Et c’est un réalisateur de France Culture, Bernard Treton, qui dans les années 70 avec l’ORTF avait fait un premier enregistrement de ces groupes, publié en 1989 chez Ocora. On se quitte avec The Ploughman, « Le laboureur » éloge du travail et des valeurs de courage. On n’écoute qu’un extrait - la transe dure près de dix minutes (et encore dans la version disque) - mais si vous allez chercher par vous-même, plus loin vous entendrez les vers du Laboureur et ses enfants de Jean de la Fontaine. Si si : tradi-moderne.

extraits diffusés :

The Chief’s Enthrownment

Down & Out

Yangye, The Evil Leopard

The Ploughman

album : Kasai Allstars “Beware the fetish” (Crammed Discs)

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