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Kyrie Kristmanson : fin’amor et cordes tendues

5 min

 Quatuor Voce et Kyrie Kristmanson
Quatuor Voce et Kyrie Kristmanson Crédits : Radio France

Quel rapport entre un quatuor à cordes (qui s’appelle Voce), les poils blancs d’une toque et les premières femmes auteurs du XIIème siècle ? La Canadienne Kyrie Kristmanson poursuit son travail au fil de la voix autour des trobairitz, mais ici, maintenant.

Parution cette semaine de « Modern Ruin » un disque médiéval moderne (si l’on prend à la lettre le premier morceau) et composé à cinq, avec le quatuor Voce (qui jusqu’ici a plutôt enregistré Schubert et Beethoven, même s’il leur arrive de travailler avec des musiciens pop comme –M- Mathieu Chédid) Médiéval parce que la figure qui compte avant tout dans le travail de Kyrie Kristmanson ce sont les trobairitz (son sujet de recherche à l’université de la Sorbonne) ou les troubadouresses - poétesses occitanes des XIIe et XIIIe siècles.

A partir de leur démarche, elle compose ses propres textes en anglais français ou occitan qui chantent la fin'amor, joi et joven (amour raffiné, joie d'amour et jeunesse) mais aussi les tourments d’une contemporaine (elle parle de la pulsion de la ville, de trahison amoureuse) et l’harmonie pastorale devient trouble, il est question ici de carré de mures et d’un jus à la couleur du sang… Pastoral II.

Pour ce disque le Quatuor Voce et Kyrie Kristmanson sont partis enregistrer à l'Abbaye de Noirlac (Cher) de circonstance le cistercien pour un album où l’on pourrait presque entendre les clochers badonger comme dirait Claudel. Sauf que Kyrie Kristmanson (même si elle porte un nom plutôt chrétien) ne chante que le corps et ses élans, à l’image des trobairitz, qui célébraient l’intime dans une époque où l’on chantait plutôt pour Dieu.

A la fin du disque se cache une chanson fantôme : une très ancienne reprise puisque les mots sont ceux de Beatrix, comtesse de Die (entre 1140 et après 1175) La seule chanson dont on possède encore la musique : A chantar mé her dé so qu'ieu non volria (Je chanterai ce que je voudrais taire). La chanson de la comtesse de Die finit par ces mots « Mais plus que tout, je veux qu'il vous soit dit par ce message, Que trop d'orgueil a causé la perte de maintes gens ».

Puisque je vous parlais de cette chanson fantôme et de la démarche de reprise, il se trouve que Kyrie Kristmanson a sa théorie pour expliquer son processus d’écriture : l’auteur d’une chanson n’est l’auteur que de 10% de celle-ci, le reste étant le résultat d’une maturation culturelle, entre les forces naturelles et les fantômes. On se quitte avec "Bad Body" ou l’extase de Sainte Thérèse d’Avila et le ravissement, encore.

extraits diffusés :

Tarentella

Pastoral II

A chantar m'er de so qu'ieu non volria (Je chanterai ce que je n'aurais pas voulu chanter)

Bad Body

Modern Ruin (naïve)

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