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Le geste « Brava » de Brodinski

5 min

« Brava » de Brodinski
« Brava » de Brodinski Crédits : Radio France

Bury Me ou « Enterrez Moi » paradoxal pour un premier album, mais le titre dit toute la force sombre à l’œuvre dans le long format de Brodinski, BRAVA, qui sort aujourd’hui. Dirty South, techno aux effets de ralentis, et même l'"Art de se taire", analyse : Brodinski de son vrai nom Louis Rogé (Brodinski c’était le nom de jeune fille de sa grand-mère) DJ et producteur français, 27 ans et déjà le monde à ses pieds si l’on en croit les nombreux articles et couvertures qui lui sont consacrés. Faits d’armes notables : avoir rendu « loca » une certaine Shakira avant de participer au dernier album de Kanye West. Carte de visite américaine donc pour un DJ rémois.

Et oui Reims, ville des sacres et pépinière de talents musicaux (avant Brodinski se sont déjà fait remarquer The Shoes, ALB, Yuksek ou encore Woodkid né à Reims) ce qui ne veut pas forcément dire qu’il y aurait une méthode champenoise en musique (quoique l’entraide et l’émulation soient probablement moteurs) : la méthode de Brodinski elle tient dans ce premier album à plonger le dirty south dans l’electro, inviter des rappeurs d’Atlanta dans une techno mutante.

il y a des effets de ralenti, de flou temporel, qui reviennent régulièrement dans les morceaux de Brodinski, presque comme une fonction visuelle (ce qu’on appelle remappage temporel quand vous animez une vitesse de lecture d’image) pour concentrer le regard (ou l’écoute ici) sur une séquence.

Vous êtes sur le pourtour du Sud des Etats-Unis avec l’album de Brodinski enregistré en partie à Atlanta, Géorgie, mais aussi Los Angeles et Aubervilliers. Visiblement convaincre ces rappeurs de venir chanter pour un français inconnu n’a pas été sans peine, mais un titre comme « Niggas in Paris » de Jay-Z et Kanye West a visiblement redonné du lustre au fantasme français outre-Atlantique. Fantasme d’un autre genre ici à l’œuvre ici dans « Interview ». Makonnen Sheran alias I Love Makonnen, une des voix mises en scène par Louis Rogé, Quentin Lepoutre et Djamel Fezari, qui sont visiblement les trois auteurs du disque. Brodinski décrit son processus créatif comme un travail d'équipe, où il ferait office de réalisateur : plus chef d’orchestre que musicien. On se quitte avec la voix de Quincy Lamont Williams alias Peewee Longway, dont la courte vie incarne déjà tout le contraire d'un des livres de chevet de Brodinski : « L'art de se taire » de l'Abbé Dinouard. Tout arrive.

extraits diffusés :

« Bury Me » feat. Maluca & Bricc Baby Shitro

« Calculator » feat. Chill Will

« Interview » feat I Love Makonnen

« Cheddah » feat. Peeweee Longway

Brava (Bromance –Parlophone - Warner)

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