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Les Musiciens et la Grande Guerre (suite)

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Les Musiciens et la Grande Guerre 4
Les Musiciens et la Grande Guerre 4 Crédits : Radio France

Quelle musique pendant, et après 1914-1918 ? C’est l’enjeu de cette série de disques Les Musiciens et la Grande Guerre : faire connaître le contexte, l’atmosphère culturelle, les œuvres de compositeurs pour certains connus, qui pour des raisons d’âge ou de santé sont restés à l’arrière (comme Debussy atteint d’un cancer, ou Ravel, exempté pour sa petite taille « trop léger de deux kilos », qui finit par se faire engager comme conducteur de camion) l’on y entend également les œuvres de musiciens oubliés, mobilisés et parfois tués au combat avant d’avoir pu faire entendre leur musique intérieure.

La Dernière Chanson , mélodie de Henry Février.

Combattant dans la région de Verdun, il continue à composer depuis le front, notamment Les Chansons de la Wouëvre , destinées à être chantées avec ses camarades de tranchées. Mélodies donc au programme du baryton Marc Mauillon avec Anne Le Bozec au piano pour ce disque Préscience-Conscience, Les Musiciens et la Grande Guerre vol. IV (Hortus). On avait déjà parlé ici des trois précédents volumes de cette collection.

Madrigal de Enrique Granados (1915)

La guerre peut-elle engendrer une esthétique nouvelle ? Debussy en doute, Luigo Russolo, auteur de L’art des bruits en 1913 va dans l’autre sens, anticipant presque : « Un grand fracas de tôle emboutie : voilà ce à quoi les bases du renouveau musical du XXe siècle ont en partie ressemblé ». Par ailleurs beaucoup d’œuvres de propagande, de « musicalisation du deuil collectif » vont masquer le reste des œuvres de cette période. Le compositeur Henrique Granados n’a pas eu le temps d’assister à ces changements de perspectives : il meurt en mars 1916 dans le torpillage du Sussex par l’armée allemande.

Guitare de Jacques de la Presle (1915)

Le déchirement entre l’innocence et la catastrophe très présent dans l’œuvre de Jacques de la Presle dont on entend ici Guitare : œuvre plutôt joyeuse et facile, alors que presque au même moment, en 1915, il signait Le Cri de Guerre dédié à ses camarades qu’il a vu mourir à Aix-Noulete dans le Pas-de-Calais. Jacques de la Presle, brancardier pendant la guerre et plus tard grand professeur au Conservatoire de Paris (1947-1958) ou encore Joseph Boulnois chef de chant de l’Opéra-Comique et organiste. Ce dernier infirmier-militaire pendant la guerre, compose sa Sonate pour piano et violoncelle (ici interprétée par Thomas Duran au violoncelle et Nicolas Mallarte au piano) à la table, au service au service des contagieux « quand d’infernales contre-basses de 150 long et d’avantage s’obstinent à faire des fondamentales lointaines et grondantes ».

On se quitte avec Le Tombeau de Couperin de Ravel (1917) hommage au compositeur du XVIIIème s. mais dont chaque mouvement est dédié à un ami tombé au combat, et cette toccata (ici transcrite pour orgue par Thomas Monnet) dédiée au capitaine Joseph de Marliave, époux de Marguerite Long.

extraits diffusés :

  • Henry Février - La Dernière Chanson. Par Marc Mauillon (baryton) Anne Le Bozec (piano)

Disque : Mélodies – Préscience-Conscience. Les Musiciens et la Grande Guerre vol. IV (Hortus)

  • Enrique Granados – Madrigal (1915) Thomas Duran (violoncelle) et Nicolas Mallarte (piano)

  • Jacques de la Presle – Guitare (1915) Thomas Duran (violoncelle) et Nicolas Mallarte (piano)

Disque : La Naissance d’un Nouveau Monde . Les Musiciens et la Grande Guerre vol. V (Hortus)

  • Maurice Ravel – Tombeau de Couperin (1917) transcription pour orgue de Thomas Monnet

Disque : Métamorphose. Les Musiciens et la Grande Guerre vol. VI (Hortus)

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