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Lili Kraus (1903-1986) au panthéon du piano

5 min

Lili Kraus – The Complete Parlophone
Lili Kraus – The Complete Parlophone Crédits : Radio France

« Je suis un personnage d’Arthur Schnitzler, l’âme sœur d’Alfred Döblin. Un sujet authentique – le dernier peut-être – de l’empire Austro-hongrois ». Lili Kraus, pianiste de premier plan et grande pédagogue, artiste complète et femme au caractère trempé, mériterai un numéro d’Une Vie, une œuvre au regard de sa vie édifiante. Née à Budapest le 4 mars 1903, elle meurt en Caroline du Nord en 1986, après traversé le siècle et le globe avec un tempérament de feu : formée par Bartók et Artur Schnabel, elle s'installe à Londres au moment de l'Anschluss, puis aux Indes néerlandaises, faite prisonnière par les Japonais en 1943, elle restera détenue pendant 1 an. Elle vit ensuite en Afrique du Sud, fonde plusieurs écoles en Océanie, vit à Paris (entre 1950 et 1954) avant de s'installer aux Etats-Unis. Sachant aussi bien danser, jouer la comédie, et dessiner, elle enseignait encore le piano au Texas au début des années 80. Capable de jouer tous les concertos de Mozart de mémoire, et fut la première femme à enregistrer l’intégrale de ses sonates.

Le beau coffret paru chez Erato (31 CD d’enregistrements de 1933-1958 avec soin particulier apporté au son) donne l’occasion de voyager de Mozart à Beethoven en passant par Haydn et Bartók, de découvrir une personnalité tonique et surprenante. Attachée au style MittleEuropa elle s’habille toute sa vie « selon la dernière mode habsbourgeoise », concevant elle-même ses robes à jabots avec dentelles, toujours coiffée de nattes et chignons.

Lili Kraus, mozartienne en diable (plus de la moitié des œuvres du coffret) et croyante complexe : catholique convertie, d’origine juive, elle a renouvelle son baptême devant l’Eglise à 80 ans passés, s’immergeant dans un lac du pays Cheerokee... Mais elle était également jaïniste, initiée au Yatha Yoga grâce à Yehudi Menuhin et allait chaque été auprès d’un grand maitre de méditation (Jiddu Kirshnamuti), convaincue de la fraternité humaine, suscitant l’admiration d’Albert Schweitzer quand ils rencontrent à son hôpital de Lambaréné (Gabon).

On se quitte avec l’œuvre que joua Lili Kraus lors son ultime apparition sur scène, en juin 1982 : Mozart, forcément, et le concerto en ré mineur.

extraits diffusés :

Archive extrait de « Lili » documentaire de Ken Harrison

Mozart Sonate n.14 en ut mineur K.457 – Allegro Assai

Mozart Sonate pour piano et violon en la majeur K.305 (Violon : Willi Boskovsky)

Mozart Concerto en ré mineur K. 466 (Romanze) Orchestre de chambre du Konzerthaus de Vienne (dir. Willi Boskovsky)

Lili Kraus – The Complete Parlophone, Ducretet –Thompson, Les Discophiles Français, coffret (label Erato) prix public 55€

A voir : de « Lili » documentaire de Ken Harrison

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