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Macy Gray, Marianne Faithfull : voix blessées

5 min

Elle est stone et son album “The Way” (et non pas My Way) est sorti depuis ce matin. Huitième disque studio de Natalie Renée McIntyre alias Macy Gray (c’est paraît-il le nom d’un de ses anciens voisins dans l’Ohio). Macy Gray chanteuse et parfois comédienne (dans Spider-man ou Ally McBeal) 47 ans, mère de 3 enfants, plusieurs millions d'albums vendus dans le monde… voilà pour le côté fiche Wikipedia, on passe les superlatifs habituels à propos de son chant particulier (apprécions tout de meme ce "Diva à voix de rocaille"). Plus intéressant : le premier morceau de ce nouvel album suit directement le fil de son premier tube « I Try », tissé il y a 15 ans déjà. Elle parle du manque, de l’abandon (celui du père ou de l’amant) ton aigre-doux dans ce « Stoned », triste mais sans apitoiement et souvent drôle. Macy Gray parle d’un vaisseau qui doit passer la prendre, de la Lune, de petits ricanements puis « je fume et je fume mais l’oubli ne vient pas. Où étais tu hier soir, je t’ai attendu, stoned ».

Hasard ou coïncidence, une autre chanteuse à la voix blessée - proche des Stones, elle- sort un nouvel album flamboyant.

« Falling Back » ou le titre sur-mesure pour Marianne Faithfull signé Anna Calvi. Voici une des facettes de « Give My Love to London » paru la semaine dernière qui marque les 50 ans de carrière de Lady Faithfull. Toujours pour le côté Fiche Wikipedia, on rappelle souvent qu’elle est l’arrière-arrière petite-niece de Leopold von Sacher-Masoch, la Vénus à fourrure près des Rolling Stones, et il y a toujours une idée de noblesse et de décadence liée à Marianne Faithfull. On parle de madrigal Renaissance ou de cabaret viennois, pas seulement de rock. Il faut entendre “Late Victorian Holocaust” écrit ici par Nick Cave ou encore l’amère “Je me débrouille très bien sans toi” dernier titre du disque.

Macy Gray, indépendante elle aussi, revient toujours à la rupture et ne regrette qu’une chose : « Le sexe me manque ». Pas mal pour une rupture, chanter à la fois le charnel et le vide, dommage que la facture n’égale pas l’écriture pour Macy Gray : plusieurs détails de production bâclés gâchent l’album, comme un collage de deux pistes de voix assez mal fait (sur I Miss The Sex à 1’08) ou encore dans le détail de la photo de la pochette où une larme a été rajoutée sur son visage. Photoshop grossier, on est loin du portrait de Dorian du même nom. Marianne Faithfull, elle, se cache dans un nuage de fumée (il paraît pourtant qu’elle a arrêté un moment) elle sublime Leonard Cohen lui-même et son « Going’ Home ». Voix blessées, et impénétrables.

extraits diffusés :

Macy Gray - Stoned

Marianne Faithfull – Falling Back

Macy Gray - I Miss The Sex

Marianne Faithfull – Going Home

Macy Gray “The Way”(Kobalt Music)

Marianne Faithfull « Give My Love to London » (Naïve)

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