LE DIRECT

Nina Simone, Hank Williams et Billie Holiday : Jamie cumule

6 min

Interlude
Interlude Crédits : Radio France

Le crooner cockney Jamie Cullum publie ce mois-ci son 7ème album studio Interlude . A 35 ans, la chanteur et pianiste britannique se présente comme un paradoxe vivant : être l'artiste jazz qui vend le plus de disques au Royaume-Uni (et dans plusieurs pays) le tout sans faire véritable de disque jazz. Interlude serait selon lui son premier véritable recueil jazz, par le fond comme par la forme. C’est vrai, on le connaît surtout pour ses reprises jazzy de Radiohead ou Rihanna, après avoir chanté avec plusieurs artistes hip-hop (comme Roots Manuva ou Deltron), il choisit ici des chansons de Dizzy Gillespie, « Cannonball » Adderley, mais aussi de Ray Charles. Du simple piano-voix au quartet en passant par le big-band avec grand ensemble de cordes. Jazz encore selon lui parce que l’album a été enregistré live en moins de trois jours de studio, avec souvent des première prises, et le côté brut, saturé de la prise de son a presque l’air souligné par moment.

Justifié presque quand on joue un blues malade (Love Sick Blues) chanson devenue célèbre par Hank Williams, ce qui explique les petits effets de yoddle country.

Baigné dans la musique depuis son enfance, Jamie Cullum a été élevé dans une famille de mélomanes, à Rochford (père Israélien, mère Birmane) et jouait du piano à 8 ans. Remarqué en 1999, celui qu’on décrivait comme le "Sinatra en baskets" voyait son album Twenty Something se vendre à plus de 2 millions d'exemplaires. Amateur de photo (on le voit dans le livret) il possède un vieux Leica M3 et des objectifs Voigtländer, c’est aussi un cinéphile capable de parler avec passion de Bresson et Agnès Varda... Il a épousé la petit fille de l’écrivain Roald Dahl... allez j'arrête le côté de magazine féminin « vous saurez tout sur... » Jamie Cullum s’impose surtout comme une bête de scène, un rien hirsute, parfois agaçant pour certains, soupçonné d’en faire trop dans ses grands écarts entre Cole Porter et Rihanna. Il a en tout cas moins à voir avec Sinatra que Jerry Lee Lewis, capable aussi de duos assez élégants (il y a en a deux dans l’album) le premier avec la chanteuse britannique Laura Mvula sur un standard de Billie Holiday (Good Morning Headache )

Le disque est aussi le fruit d’une rencontre de radio : Jamie Cullum anime chaque semaine une émission de jazz sur BBC2 (très écoutée partout en Europe) c’est dans cette émission que Jamie Cullum a rencontré le producteur de ce disque Ben Lamdin (alias Nostalgia 77). Même génération de musicien, même découverte du jazz au travers de ceux qui le samplaient comme DJ Shadow, qui comme lui écoute aussi bien les Beastie Boys ou Dave Brubeck... et Nina Simone forcément. C’est le deuxième duo de l’album Don’t Let Me Be Misunderstood avec Gregory Porter (excusez du peu) et peut-être l’élégance du pianiste tient-elle là : se laisser dépasser parfois, sans trop chercher à redire.

extraits diffusés :

Interlude

Love Sick Blues

Good Morning Headache

Don’t let me be misunderstood

album : Interlude (Island)

concert ce soir lundi 20 oct à La Cigale à Paris

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......