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Olga Bell : Kraï, voyage electro-folk en provinces russes

4 min

Olga Bell « Krai »
Olga Bell « Krai » Crédits : Radio France

Ce n'est pas la nouvelle voix de la musique indépendante russe mais celle d’une Américaine qui revient sur ses racines et sur la question des frontières. Née à Moscou Olga Bell a grandit en Alaska et vit à New York, où elle accompagne souvent les éminents Dirty Projectors (pour vous donner une idée ils peuvent se permettre d’inviter Björk à jouer leur chansons). Son premier album KRAI, prend la forme d'un voyage en neuf mouvements, chaque chanson du cycle pour chacun des 9 Kraïs de Russie. Le mot veut dire « frontière, limite », divisée en sujets fédéraux, la Russie compte neuf kraïs, régions reculées souvent, moins connues des Européens. On va de Krasnodar par les mélodies des cosaques de l'ouest (dans le Caucase du nord) jusqu’à Kamchatka, à l'extrême-Orient russe près de l'océan Pacifique, le tout orchestré en tradi-contemporain, entre afrique, pop et R'n'B. Dans Primorsky Krai (Le Primorié, en face du Japon) elle chante

« Dieu est trop haut pour nous, et Moscou trop loin (…) les despotes succombent toujours par la force, les gens ordinaires sont dupés. Chaque mensonge de l'élite agrandit un royaume plus tragique »

Formée très jeune au piano, diplômée du conservatoire de Boston, à 21 ans Olga Bell échoue au concours d’entrée de la Julliard School. Sa mère Marina, chanteuse traditionnelle, auteur de programme à Radio Moscou « la Voix de la Russie » lui répond « tu devrais faire ce que tu as toujours aimé, comme ces groupes que tu écoutes, Radiohead et Tribe Called Quest ». Deux voies suivies ici : celle de la scène actuelle new yorkaise et la langue maternelle. La belle Olga chante chacune des six voix du disque, et incarne à chaque fois les personnages, les raconteurs de ces frontières « Je suis un chœur slave à moi tout seul » confie-t-elle au NY Times. Sonorités et arrangements riches : violoncelle, guitare électrique, percussions au maillet et des couches électro, ce qui n’empêche pas d’évoquer les chasseurs Tchouktches (de Sibérie), une partition pour 12 instruments, comme retour à la musique de concert en somme.

(mc)

Olga Bell « Krai » (New Amsterdam Records - One Little Indian)

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