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PICASSO en musique

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Picasso Les musiques
Picasso Les musiques Crédits : Radio France

Acrobates, musique d'Erik Satie pour Parade, c’est une des collaborations de Pablo Picasso pour le ballet. On est en mai 1917 du côté du Théâtre du Chatelet à Paris, le livret signé de Jean Cocteau pour une commande des Ballets Russes de Diaghilev. Picasso signera plusieurs décors, costumes, rideaux de scène pour des ballets : il y a aura Tricorne de Manuel de Falla, en 1920 Cuadro Flamenco (toujours de Falla) et Pulcinella de Stravinsky… ces musiques vous les trouvez en parties dans un coffret paru il y a quatre ans (Naïve) "Picasso Les musiques". Ce qui a le mérite d’être simple sans pour autant être exhaustif. Ce sont à la fois des musiques que Pablo Picasso aimait écouter, celles auxquelles il a collaboré indirectement, qui l’ont touché d’une manière ou d’une autre. On entend par exemple Albéniz ou le pianiste Alfred Cortot qui joue le concerto main gauche Ravel une commande de Paul Wittgenstein qui avait perdu une main à la guerre, blessé comme George Braque, Guillaume Apollinaire… tous proches de Picasso.

S’intéresser aux musiques que Picasso a pu inspirer revient à ouvrir une mine presque aussi vaste que la production plastique de l’artiste. Après quelques recherches avec la discothèque de Radio France (un grand merci à Romain Couturier) l’on tombe sur Poulenc, Piazzola, McCartney et les Wings mais aussi beaucoup d’inconnus, qui tous, ont composé pour le maitre.

Premier exemple (un rien littéral) du côté de l’Espagne avec Enrique Morente et son album Pablo de Malaga (2008) qui joue à la fois avec la voix Picasso, des dessins de guitares de 1924 et des textes du peintre (tirés d’un livre édité par Marie-Laure Bernadac avec Christine Piot : Ecrits). C’est là le dernier album du chanteur flamenco avant sa disparition en 2010. Souvent controversé pour son côté expérimental, la poly-vocalité flamenca de Enrique Morente opère « comme les papiers collés et les reliefs de Picasso » nous disent les notes du disque.

Plus improbable, la chanson de Claude Nougaro qui en 1977 écrit pour son fils qui vient de naitre : Pablo. Picasso qui inspire aussi des chansons un peu à la Jean Ferrat tel « l’Eternité Picasso » que chante Isabelle Aubret ou du côté du Brésil avec cet album de Vinicius de Moraes qui rend carrément hommage aux trois Pablo : Picasso, Casals et Neruda (je ne sais pas si cet ordre indique une hiérarchie). Beaucoup plus pop et léger, Mireille Darc qui chante Le bon Numéro en 1968 (chanson de Jean-Claude Olivier - Roland Valade). Un cliché cubiste qui aurait peut-être fait sourire son marchand de tableau Daniel Henry Kahnweiler.

Là c’est objet rare retrouvé dans le fond de Radio France: un vinyle 33t interview avec Hugues Desalle en 1957 (dans la collection Français de notre temps – Les Hommes d’aujourd’hui nous parlent) entretien avec celui qui a été le marchand de Picasso pendant plus de 60 ans. Daniel-Henry Kahnweiler qui refuse l’idée de peinture abstraite « ni une rupture, ni un renouvèlement, mais une erreur sans intérêt esthétique ».

On se quitte avec un musique non imitative mais signifiante : Modern Lovers. Jonathan Richman produit par John Cale en 1971 (mais édité seulement en 1976), la chanson sera reprise notamment par David Bowie des années plus tard.

Extraits diffusés :

Erik Satie « Acrobates » (Parade)

Enrique Morente « Autoretrato »

Claude Nougaro « Pablo »

Mireille Darc « Le bon numéro »

Daniel-Henry Kahnweiler entretien avec Hugues Desalle en 1957

Michel Legrand « Picasso Summer » Summer Song

Modern Lovers « Pablo Picasso »

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