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Rémy Kolpa Kopoul (1949-2015)

6 min

"Une voix de merde " mais une voix madrée qui raconte bien des histoires… Rémy Kolpa Kopoul impose un ton, à l'image du film qui lui consacrait Stéphane Jourdain en 2009. RKK disparu subitement dimanche à Brest alors qu’il mixait encore la veille, à 66 ans. Comment résumer l'improbable portrait de celui qui, avant d'être une des grandes voix de radio Nova, l'inventeur du Contrôle Discal, le ConneXionneur de musiques (avec un grand X marque du croisement), a participé notamment à la fondation du journal Libération (son premier article dans ces pages portait sur la Révolution des œillets qu'il est parti couvrir en 1974). Engagement d’abord politique puis musical qu’il résumait par la formule ”Mao un jour, mambo toujours". Né dans l’après-guerre d’une mère catholique du Poitou et d’un père juif d'origine russe lituanienne ; il s’engage d’abord du côté des Maoïstes « tendance Spontex » (La Cause du peuple) il participe ensuite à l'expérience d'une université expérimentale : Paris 8 à Vincennes.

Bouleversé par Yma Sumac, proche d'Etienne Roda-Gil, il défendra aussi bien rumba zaïroise que musiques éthiopiennes ou chanson française un exemple parmi tant d'autres des connexions si chères au DJ RKK (pris au hasard dans un des disques qu'il avait signé Latino del Futuro…) : « Caravan » par Allen Hoist. Duke Ellington en voix démultipliée et congas, rencontre à Paris d'un percussionniste Vénézuélien (Orlando Poleo) et d'un chanteur américain (Allen Hoist) violoncelliste et par ailleurs saxophone chez Mongo Santamaria… Tout à fait le genre de profil cher à RKK, qui aimait mettre en valeur les talents mal reconnus, penchant pour les percussionnistes (Anga Diaz, Ramiro Mussotto) et les figures transversales comme Bernard Fowler qu’il fit découvrir à l’auteur de ces lignes.

RKK faisait littéralement entendre les voix. Brésiliennes en premier lieu. Les collections de disques qu’emportaient avec eux les réfugiés brésiliens dans les années 70 auront été un des plus grandes sources de découvertes pour Kolpa Kopoul. Il aura rencontré et soutenu presque tous les musiciens de ces trente dernières années au Brésil de Gilberto Gil à Criolo en passant par Joao Gilberto. On se quitte logiquement avec celui qu'il considérait comme le plus grand chanteur du monde « S'il n'en reste qu'un… » et il laissait les points de suspension : Caetano Veloso… « Não identificado » Non identifié, comme une épitaphe.

A voir : "L'improbable portrait" de Stéphane Jourdain :

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