LE DIRECT

Robert Plant et l’espace-temps trouble

5 min

Rober plant
Rober plant Crédits : Radio France

« Je suis là depuis un certain temps et je me demande souvent : puis-je avoir quelque chose à dire de plus ? Y a-t-il encore une chanson en moi ? Dans mon cœur ? » la réponse en musique avec ce 10ème album solo de Robert Plant « Lullaby and... The Ceaseless Roar » paru cette semaine. Un disque hybride qui s’ouvre sur un bluegrass revisité : banjo folk et violon à une corde africain, et cette voix presque inchangée ; pour un résultat qu’il définit comme « puissant graveleux, africain, transe avec du Zep ». Mais comme il le confie à Rolling Stone « le passé est une richesse et une entrave » Robert Plant ne reformera pas Led Zeppelin, en dépit des appels de Jimmy Page : le chanteur veut poursuivre son chemin solo et les collaborations de traverse comme avec la chanteuse de country Alison Krauss. Ici Robert Plant convoque le fantôme du bluesman Charlie Patton, avec « Turn it up » au parlé-chanté quasi psychanalytique : « Je suis enfermé dans une radio montez le volume et sortez moi de là ! »

Une fois encore, Robert Plant se présente entouré d’un groupe : non plus The Strange sensations ni Band of Joy mais désormais The Sensational Space Shifters. Au-delà du nom un rien cirque ambulant, la formation réunit des musiciens de premier plans comme John Baggott pilier du son de Bristol (avec Massive Attack et Portishead) le guitariste Justin Adams (ancien punk passé par l’Université d’Eton, il a produit plusieurs albums des Tinariwen) et enfin Juldeh Camara fils de griot, originaire de Gambie, qui joue ici du violon à une corde traditionnel (le « ritti » en wolof ). C’est ce violon qui, curieusement, parvient à tendre le fil le plus intime du disque, entre Amérique et Angleterre : vous entendez dans Poor Howard, un hommage de Robert Plant à Lead Belly (et à son Po’Howard), mais aussi une généalogie musicale, du blues pionnier aux mélodies irlandaises que son grand-père lui jouait au violon.

extraits diffusés :

Little Maggie

Turn It Up

A Stolen Kiss

Poor Howard

Album : « Lullaby and... The Ceaseless Roar » (Nonesuch)

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......