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Roy Orbison, coeur blessé

4 min

orbison couv
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« J’aimerai être un mauvais garçon, mais j’ai trop peur qu’on me fasse mal, j’ai un cœur de trouillard » Chicken hearted, 1957 Roy Orbison. Autoportrait à peine déguisé d’un chanteur qui voulait chanter des ballades quand à ses débuts on lui demandait de faire du rockabilly. Ce qu’il fit très bien, on l’entend au début de ce coffret The Indipensable Roy Orbison 1956-1962 (Frémeaux Associés dirigé par Bruno Blum). Moins d’attitude et de charme en apparence que ses amis du label SUN (Jerry Lee Lewis, Elvis Presley et Johnny Cash). Et pourtant Elvis lui enviait sa voix et son jeu de guitare, Bruce Springsteen (qui a prononcé son discours d’intronisation au Rock’n Roll Hall of fame en 1987) a même dit « Roy Orbison était le vrai maitre de l’apocalypse romantique que tu redoutais (...) Roy était le plus cool des perdants pas cool. Avec ses lunettes noires couleur bouteille de coke, et ses trois octaves, on aurait dit qu’il aimait remuer le couteau dans la plaie du manque d’assurance adolescent » Pour preuve cette chanson pivot de 1959 où le drame romantique s’affirme, « petit marchand de journaux, j’ai de mauvaises nouvelles pour toi… » Il faut aller écouter les œuvres de Roy Orbison et lire ici les notes de Bruno Blum qui l’avait interviewé quelques jours avant sa mort en 1988. Vous saurez comment dans "Only the Lonely" il atteint certaines notes inouïes jusqu’ici dans le rock avec sa voix naturelle, comment il a comprimé le boléro de Ravel en 2 minutes dans "Running scared". Aller aussi du côté de Nick Kent dans The Dark Stuff, où Roy Orbison raconte d’où vient le fameux Grrrrrr de "Pretty Woman", comment il a écrit « In Dreams » qu’on entend dans Blue Velvet de David Lynch, pourquoi il n’est jamais devenu amer malgré ses échecs, et la perte de sa femme puis de deux de ses fils. Toujours bien édité dans le Nouveau Dictionnaire du rock, Philippe Auclair écrit « son romantisme fut celui de Hölderlin, de Delacroix, de Berlioz. Une banale chanson d’amour interprétée par Roy Orbison prend des accents cosmiques » La preuve avec Blue Bayou. The Indipensable Roy Orbison 1956-1962 (Frémeaux et Associés)

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