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Sokolov, le colosse secret livre un nouveau concert

5 min

Grigory Sokolov - The Salzbourg Recital
Grigory Sokolov - The Salzbourg Recital Crédits : Radio France

"L'essence de l'interprétation, c'est l'amour profond que l'on porte à une pièce, assorti à la liberté intérieure de l'interprète " déclarait Grigory Sokolov à l'Humanité (en oct. 2003).

Difficile de penser le contraire, et pourtant le pianiste russe qui parle peu, est tout sauf un monument d’évidence. Depuis des années Grigory Sokolov donne entre 60 et 70 concerts par an maximum, ne fait plus de concerto, uniquement des récitals, refuse les enregistrements de studio (le disque qui vient de paraître est un concert donné à Salzbourg). Et il a pour habitude de choisir un seul programme pour une saison entière. Ici en 2008 c’était Mozart qu’on vient d’entendre (deux sonates en fa majeur) et les Préludes de Chopin.

On présente souvent Sokolov par son côté colosse secret, et ours maniaque : capable de faire démonter un piano pièce par pièce juste avant un concert, il connaîtrait par cœur les horaires des trains de toutes les grandes villes, déchiffre les codes-barres, collectionne les sous bocks... mais (et c’est ce qui compte tout de même) les concerts de Sokolov sont d'une densité rare : obscurité maximum, une silhouette massive qui salue rapidement avant de se fondre sur le clavier.... et ici dans l’Allegro de l’autre sonate, Mozart toujours (K332)

Grigory Sokolov interprète puissant et enfant précoce, même si beaucoup l’ont connu tard : né à Saint Petersbourg (qu’on appelait Leningrad en 1950), il remportait le concours Tchaïkovski à 16 ans en 1966, et s’est fait connaître en France seulement au début des années 90, à l’époque on le connaissait mal, depuis il fait salle comble à chaque fois. Sokolov déchaine les passions, n’a pas que des aficionados (dans Le Monde Alain Lompech voyait justement Mozart comme le révélateur d'une « conception prétentieuse, enflée à force de vouloir passer pour géniale ». L'article se finissait par « c'est au bordel que nous entraine Sokolov » (au lieu selon A.L de faire sentir l'encens d’une pièce comme Prélude choral et fuite de César Franck).

A vous de vous faire votre idée dans ce concert Mozart et Chopin (les accros pourront même comparer avec un autre CD des Préludes enregistré à Paris en 1990). On reste chez Mozart ici avec le final Allegro assai, un peu comme nous après écoute.

extraits diffusés :

Wolfgang Amadeus Mozart – Sonate pour piano en fa majeur K280

Allegro assai

Wolfgang Amadeus Mozart – Sonate pour piano en fa majeur K332

Allegro

Wolfgang Amadeus Mozart – Sonate pour piano en fa majeur K332

Allegro assai

Grigory Sokolov - The Salzbourg Recital (Deutsche Grammophon)

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