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Son Lux, à l’os

6 min

Son lux
Son lux Crédits : Radio France

This moment changes everything : ce moment change tout. Forcément en musique le changement c’est toujours maintenant, à chaque mesure, à chaque écoute. C’est un jeune américain à lunettes qui le souligne ici : Ryan Lott, alias Son Lux, fils lumière, qui publie ce matin son quatrième album, Bones. Bones ce sont les os, et l’ossature c’est la structure, mais aussi le coeur des fibres, et peut-être Son Lux donne-t-il ici la substantifique moëlle de sa musique. De qui parle-t-on : Son Lux jeune homme du Colorado, monté à New York, formé par la contrainte sur le piano de famille, il a surtout appris en composant des musiques pour ballet, à l’attention de sa femme, danseuse et chorégraphe. Certains l’auront remarqué au sein projet Sisyphus mené par Sufjan Stevens et le rappeur Serengeti. Son album précédent « Lanterns » l'avait fait connaitre en dehors des cercles d'initiés et surtout l'avait mis au premier plan sur scène : passant là de compositeur et producteur de l'ombre à un véritable performer qui chante en groupe. Ce qui était un projet solitaire est devenu une musique de groupe, avec le guitariste Rafiq Bhatia et le batteur Ian Chang. Ce qui explique peut-être les trois rayons sur la couverture.

Mais attention : « You don't know me » prévient Son Lux (avec Tatiana Maslany & Noah Segan) « Je te vois chercher mes cicatrices du doigt, mais tu ne me connais pas ». Musique et paroles cathartiques si l’on écoute la suite : « ton esprit va s'ouvrir, ouvre grand tes poumons » ou encore « ferme les yeux, inspire le soleil, ce n'est que le début ».

Vous l’avez remarqué ici (et c’était déjà le cas dans son précédent album Lanterns) Son Lux change parfois radicalement de sonorité, de caractère même selon les morceaux, vous pouvez être tout à fait indifférent à certains, et adorer le suivant, un peu comme les Métamorphoses en musique… Pas d'hexamètres dactyliques ici, même si vous percevrez des raffinements d'architecture. On ne sait pas toujours sur quel pied ou sur combien de pieds danser. Visiblement lui non plus, et Son Lux confiait récemment ceci dans une interview aux Inrocks : « Je suis l’esclave de ma musique, et non l’inverse. J’ai parfois l’impression d’être un observateur, d’avoir un contrôle limité sur les choses. Il y a toujours des surprises dans le processus (…) Et quand ces choses inattendues s’emboîtent finalement de manière logique, architecturale, on sait que (…) le morceau n’est pas qu’un montage de jolies surprises, mais qu’une harmonie, qu’une certaine unité en laquelle on n’avait pas confiance, lie finalement le tout. C’est un sentiment très fort. » Ce qui donne tout son sens à ce dernier extrait, undone ou le sentiment du défait, de l’inachevé. Normal, puisque tout change.

Extraits diffusés :

Change Is Everything

You Don’t Know Me

Undone

Bones (Glassnotes records)

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