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Songhoy Blues, Mali électrique

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« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » (Le Lion et le rat). Il ne s'agit pas de supplanter Fabrice Lucchini mais si Jean de La Fontaine s’impose ici c’est que Songhoy Blues, le groupe que vous entendez, a choisi la patience comme titre d’ouverture pour leur premier album. « Soubour » patience en Songhaï, maitre mot d’une chanson écrite en 2012, après la crise du Nord Mali, d’où sont originaires trois des 4 musiciens de Songhoy Blues.

Le chanteur Aliou Touré et le bassiste Oumar sont originaires du vieux quartier de Gadeye, à Gao mais au moment de l'invasion du nord du Mali par les groupes djihadistes, ils n’ont pu regagner leur domiciles et sont partis à Bamako, fuyant au passage l'interdiction de jouer de la musique.

La rencontre avec d’autres musiciens, le projet Afrika Express et le succès de ce premier morceau leur a permis d’enregistrer leur 1er album « Music in Exile » un disque traversé par l’histoire, depuis le Mouvement national de libération de l'Azawad jusqu’au souvenir de la grandeur des Songhaï au XVème siècle. Ils parlent de l’évolution des coutumes et des usages entre cousins, Peul Malinké ou Bambara. Sagesse et rock pas incompatibles, chacun doit faire son petit métier.

N’attendez pas le secours de l’aide humanitaire, et prenez en main le destin économique et culturel de votre pays disent en substance Aliou, Oumar, Garba et Nathanael (le dernier est chrétien ; originaire du sud). Songhoy Blues pas si triste, et surtout remarquablement produit : à leurs cotés Marc-Antoine Moreau, producteur associé notamment à la carrière d’Amadou et Mariam, l’autre producteur est newyorkais, Nick Zinner, du groupe Yeah Yeah Yeahs. Le résultat est dans ce que vous entendez. Irrésistible et puissant.

Music in Exile, musique pour danser, sans oublier pour autant que les heurts se poursuivent, l’opération Serval a laissé place à Barkhane. On se quitte avec Irganda, qui parle d’environnement, de l’avancée du désert comme de l’insalubrité des quartiers construits sans plan d’urbanisme.

Qui a dit qu’on ne pouvait pas danser de tout ?

Quelques concerts : 19 février à la Maroquinerie Paris, le 26 février à Grenoble, 27 aux abattoirs de Bourgoin Jallieu / 4 mars Chabada d'Angers / 6 mars à Bordeaux / 26 mars Marseille

Album Songhoy Blues - Music in Exile (Transgressive Records)

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