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Thiéfaine, les yeux bandés

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Thiéfaine, les yeux bandés
Thiéfaine, les yeux bandés Crédits : Radio France

Piste rengaine et rimbaldienne pour l’ouverture du nouvel album d’Hubert-Félix Thiéfaine paru le mois dernier, par un beau titre un rien noir brillant, à l’image de son auteur, "Stratégie de l’Inespoir". L’écriture du chanteur jurassien pleine de littérature à l’évidence : « La vitesse de la Lune autour de nos orbites n'arrête pas les sanglots froids de l'humanité » pas donné à chacun de savoir l’écrire et surtout de le dire. Le néologisme inespoir ne vient pas de lui, il se rappelle bien l’avoir lu chez Drieu La Rochelle et Verlaine, il veut dire sans désespoir ni illusions, comme un moment de lucidité (autant dire d’absurde pour Thiéfaine)Il y a, à l’évidence, une mystique complexe chez Thiéfaine, qui signe « Angelus » (le titre qui vient tout de suite après) sorte de prière profane « Je te salue, Seigneur, du fond de l'inutile... » Mystique des mots surtout, puisque l’auteur du Voyage au Bout de la nuit et de Mort à crédit devient un territoire : « Retour à Célingrad » : « Morues en rade » et « gadouilleux caves » : l’auteur de La Fille du coupeur de joints qui rend hommage à Céline dans ce 17ème album plus électrique que le précédent « Supplément de mensonges » qui lui avait valu deux Victoires de la musique en 2012. Thiéfaine à contre-pied souvent, toujours au vif, « tout corps vivant branché » comme à sa première apparition en 1978. Il est question de « Résilience zéro » de « Médiocratie » des réseaux sociaux, des ruines du rêve communiste (dans « Karanga - camp 99 ») où il épingle Aragon et Elsa. La photo de couverture, portrait noir et blanc, les yeux bandés regardant vers le haut porte à la fois selon Thiéfaine la symbolique du condamné à mort, celle de la Justice, mais aussi une érotique d'abandon, à condition que le foulard soit en dentelles...La chair toujours présente chez l'auteur de "Eros Über alles" ici dans "Mytilène Island" la musique très « George Martin période Beatles » est signée de Jeanne Cherhal. S’il signe tous les mots (et en emprunte quelques-uns), H-F Thiéfaine confie les musiques à ses musiciens (Yan Péchin et Christopher Board) quelques invités de marque : Arman Méliès, Cali et JP Nataf qui co-signe "Amour désaffecté'" : « c’est juste la fin maintenant ». Voilà. extraits diffusés : En remontant le fleuveRetour à CelingradMytilène IslandAmour DésaffectéStratégie de l'Inespoir (Columbia) concerts à partir d’avril 2015

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