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Totó la Momposina, tambours et fleurs

5 min

Totó la Momposina y sus tambores « Tambolero »
Totó la Momposina y sus tambores « Tambolero » Crédits : Radio France

Tambore, sexteto et gaitas au programme ce matin avec Totó la Momposina, qui chante ici « Candela viva », la boule feu avec laquelle on joue pour le carnaval. Vous êtes non pas dans l’Argentine du Pape François mais en Colombie, où peut-être le pape fera un passage ce mois de juillet dans sa tournée entre le Paraguay, la Bolivie (où il a prévu de mâcher des feuilles de coca) et l’Equateur.

La chanteuse que vous entendez c’est Sonia Bazanta Vides, alias Totó la Momposina, née sur l'île de Mompos en Colombie, sur le fleuve Magdalena (la légende veut que ce fleuve Madeleine soit au départ un caïman transformé en fleuve) elle a commencé à chanter très jeune Totó la Momposina, a déjà presque 60 ans de carrière, et fêtera ses 75 ans le 1er août prochain. Son répertoire est celui d’un peuple aux racines africaines, indiennes et hispanophones, qui chante la vie quotidienne, la récolte et la pêche, les croyances et l’amour bien sûr de façon parfois codée, écoutez « Gallinacito » un petit oiseau, autre « chandé », jeu d’appel et de réponse, ou chant et contredanse…

Totó la Momposina, une voix hors normes pour un parcours qui l’est tout autant : née de condition modeste, elle doit fuir sa région au moment de la guerre civile (entre 1948-1958), pour se rapprocher de Bogotá. Mariée à 15 ans, mère de trois enfants, divorcée, elle fait la tournée des régions et des villages pour apprendre les répertoires de chacun, collecter des chansons et danses, en 1968 elle est à la tête de son propre orchestre, elle accompagne Gabriel García Márquez à Stockholm au moment de la remise du prix Nobel de littérature (1982), elle connait aussi bien la France, y est venue à partir de 1973, a fait des études à la Sorbonne et a joué sur la scène du Théâtre de l’Est Parisien à Paris… en 1992 Totó la Momposina enregistre pour le label anglais de Peter Gabriel (Real Worl) et ce sont ces bandes de l’album « Candela Viva » qui viennent de ressortir, avec des inédits et des ajouts même, il y a comme des effets de bouturage, puisqu’on entend les petites filles de Totó la Momposina (Maria del Mar et Oriana Melissa) se joindre à elle pour les chœurs, 24 ans après l’enregistrement, comme si le temps avait fait pause. La Momposina précise que pour elle le mot « folklore » n’a pas de sens, qu’elle le transforme en « conflor » (avec des fleurs) « ce qui signifie que chaque chanson est une fleur différente ».

Extraits diffusés :

Candela Viva

Gallinacito

Sombra Negra

Adiós Fulana

Totó la Momposina y sus tambores « Tambolero » (Real World)

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