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Une femme qui pleure : Arthur H

5 min

Arthur H « Soleil dedans »
Arthur H « Soleil dedans » Crédits : Radio France

L’autre côté de la Lune, et toute déférence gardée pour Dark Side of the Moon, pas mal pour un album qui s’appelle « Soleil dedans ». Pas un disque de faces mais plutôt un jeu extérieur-intérieur, sur lequel joue Arthur H pour son nouvel album. Il confesse être une femme qui pleure (sans qu’aucune larme ne coule) parle des frontières et des clandestins « qui glissent vers la lumière ». Tout l’album tourne autour de cette question solaire de l’attraction, un peu à l’image de la couverture : un H majuscule lumineux - on pense ce que sont des diodes en fait de dizaines de petites photos de soleil différentes (travail réalisé par l’artiste Leonore Mercier qui a aussi composé une des musiques du disque).

Il y a toujours quelque chose de foutraque et de cosmique même : dans une bossa triste son cerveau devient un aéroport de Los Angeles « au ciel seul la semence divine, foutre d’étoiles ». Toujours charnel, Arthur H veut à la fois « réchauffer ton sang (...) lécher la blessure » et « arracher la peau de ton cœur ». « La chanson est une métaphore idiote pour dire que, parfois, ce qu’on cherche se cache juste à côté de nous » confiait-il au JDD, imaginaire et social proximité dans cet hymne à la caissière de supermarcé. Lieu « antipoétique par excellence » qui le redevient forcément au travers de ses figures. Arthur H très attaché à la poésie : il y avait eu « L’Or Noir » autour de la Caraïbe francophone (et des textes de Daniel Maximin, Dany Laferrière) puis récemment L’or d’Eros, petite anthologie de poésie érotique (Lettre à Nora de James Joyce, l’œil de chat de Georges Bataille) toujours avec Nicolas Repac, "Hypnose sensuelle" recherchée pour se plonger seulement dans la musique et les mots. « J'allais voir des concerts et je faisais le constat terrible que je ne pouvais pas m'arrêter de penser, du coup j'étais incapable d'être vraiment dans la musique. J'ai donc fait un peu de méditation. J'en ai retiré que la liberté c'est le vide, le rien. Il faut mettre du rien partout, et surtout dans la musique. » confiait-il aux Inrocks

« Le bonheur c’est l’eau » clôt l’album en transe electro, hasard peut-être l’album a été composé en eaux lointaines, sur la côte californienne à Big Sur et surtout aux îles Madeleine, dans le golfe du Saint Laurent.

Processus inédit Arthur H a voulu faire entendre tout le temps d’incubation du disque au Centre Phi de Montréal : plusieurs heures de direct pendant 5 jours, une performance participative où les internautes pouvaient suivre les sessions d'enregistrement. Le mouvement d’une musique et les pauses des musiciens bientôt figé par le disque. Mais là voilà qui coule à nouveau en tournée...

extraits diffusés :

L’autre côté de la Lune

La Caissière du super

Les Papous c’est nous

Le Bonheur c’est l’eau

Arthur H « Soleil dedans » (Polydor)

Séances de travail au Centre Phi :

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