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L'accord transatlantique, once again

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« Les enjeux liés au numérique sont au coeur de l’avenir européen, et pourtant, on n’en parle pas beaucoup, dans cette campagne. Peut-être un bug ! Souveraineté des données, neutralité du net, protection de la vie privée, brevetabilité des logiciels, cyber sécurité, économie numérique, open data... [Excusez-moi… Juste une chose avant de continuer : je pense qu’il est vraiment très important de reparler de l’Accord de libre échange en train d’être négocié entre l’Europe et les Etats-Unis sous l’angle numérique, et comme Benoit Bouscarel l’a déjà fait hier dans son billet politique, là, j’ai recopié le billet de Benoît et je le redis, ça me paraît la meilleure solution, Kant disait que la pédagogie, c’est l’art de la répétition. Alors je répète] Tous ces sujets sont cruciaux, ils impliquent notre avenir, et ne sont évidemment pas des sujets distincts, ou qui se trouveraient quelque part en marge des autres politiques. Non, ils sont transversaux, intégrés à la politique, et intimement liés à la démocratie. [Mais je suis tellement d’accord avec ça… Je m’évertue à l’expliquer tous les matins, mais les politiques, ils ne comprennent pas, ils ont l’impression que c’est technique, extérieur, que ce sont des cyber-problèmes, alors qu’aujourd’hui, des cyber-problèmes sont des vrais problèmes, des problèmes de tous les jours … pffff…. je reprends] Quand on discute du projet d’accord entre l’Union Européenne et les Etats-Unis sur le Grand Marché Transatlantique, par exemple, on parle aussi de “circulation des données”, et de “cybersécurité”. D’ailleurs, si la démocratie était un peu plus “liquide”, comme le demandent les promoteurs d’un système à mi chemin entre démocratie représentative et démocratie participative, on y verrait bien plus clair dans ces négociations sur le TTIP, qui pourraient du coup être suivies, par les citoyens. [tu l’as dit mon gars… d’ailleurs, c’est assez dingue qu’à après le ratage d’ACTA, l’accord de lutte contre la contrefaçon, qui n’a pas été ratifié par le Parlement Européen en grande partie parce que le processus était une insulte à la démocratie, on voit se répéter le même chose, c’est assez désespérant ]

  • Alors, comment sont traités et représentés ces enjeux, dans l’actuelle campagne européenne ? Il y a pour la première fois, dans six circonscriptions françaises, des listes présentées par le Parti Pirate, qui s’est fait une spécialité de ces questions. Il est très en pointe, et propose une “Europe des citoyens basée sur le partage et la coopération". Ses candidats maîtrisent leur sujet, en ce qui concerne la réforme du droit d’auteur, et du droit des brevets. Le problème, avec le Parti Pirate, est un peu le pendant de sa force : il est finalement trop spécialisé sur ces questions, et au niveau de la crise ukrainienne, par exemple, ou en ce qui concerne la gouvernance de la BCE, il n’a pas grand chose à dire* [je suis d’accord… mais c’est un peu contradictoires avec ce que tu disais plus haut, à savoir que les enjeux numériques sont au cœur de la démocratie contemporaine. Parce que si tel est le cas, ça suffit à légitimer le Parti Pirate, même s’il n’est pas au top sur l’Ukraine ou la BCE, je pense que le problème est ailleurs, il est dans le manque de cohérence politique interne des Pirates, mais bon… je sais que t’écris tes papiers entre 5h et 7h15, t’es décalqué, tu peux non plus être à la pointe de la logique, je connais le problème… ]

Les verts sont aussi, traditionnellement, engagés sur ces questions numériques. Ils sont les seuls par exemple, avec les candidats UDI-MODEM, à faire clairement campagne pour la neutralité du net [Vrai. Mais maintenant, bon courage pour définir en une phrase la « neutralité du net »] C’est ce qui permet un égal accès à tous, partout, et tout le temps, aux tuyaux d’internet, et qui permet de lutter contre toute forme de censure, ou de cloisonnement du net. [Pas mal]

Pour le reste, à part le FN qui passe tout à fait à côté des enjeux numériques, on sent bien quelques efforts des partis politiques : tout le monde crie haut et fort qu’il faut protéger les données personnelles, c’est bien, c’est l’effet NSA-Snowden, et effectivement, c’est un minimum. Mais c’est un peu court. Les enjeux du numérique, à côté des discussions sur Schengen, sur l’euro, sur l’élargissement, et sur la dette, ne pèsent pas lourd. Dommage . [Ben oui, bien sûr…mais peut-être qu’il faudrait formuler les questions différemment. Par exemple, si après l’affaire Snowden, on avait posé la question « Faut-il sortir d’Internet ? » ou même « Faut-il un autre Internet ? », là peut-être que ça aurait excité un peu plus le débat politique… En même temps, tu sais bien, le malaise des pays de l’Union Européenne avec l’affaire Snowden, c’est que non seulement, pour pas une bonne partie d’entre eux, ils ont des services de renseignement qui font la même chose, à leur niveau bien sûr, mais surtout que ces mêmes services de renseignement, grâce à des accords de collaboration avec les Etats-Unis, utilisent les données recueillies par la NSA. Donc, brandir la protection des données personnelles, ça ne mange pas de pain. Mais plonger dans le cœur du problème, parler cryptographie, anonymisation des communications, là tout à coup, on est beaucoup plus prudent…. Bon, je n’ai malheureusement pas le temps de vous lire la fin du billet de Benoît Bouscarel. Et c’est dommage, parce que ça parle de « machines à voter », une belle question la machine à voter mais ça fait un peu chute. Je ne suis pas fan des chutes].

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