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Gravure représentant des officiers français et des responsables algériens lors de l’expédition dans la région de Mzab pour le projet de ligne ferroviaire trans-saharienne, L'Illustration, Journal Universe, 6 mars 1880

1881. Maupassant, chroniqueur vagabond... et reporter critique dans l'Algérie française

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En 1881, le journal Le Gaulois envoie en Algérie un de ses collaborateurs qui en ramène une série de reportages très critiques sur la réalité coloniale. Son nom : Guy de Maupassant.

Gravure représentant des officiers français et des responsables algériens lors de l’expédition dans la région de Mzab pour le projet de ligne ferroviaire trans-saharienne, L'Illustration, Journal Universe, 6 mars 1880
Gravure représentant des officiers français et des responsables algériens lors de l’expédition dans la région de Mzab pour le projet de ligne ferroviaire trans-saharienne, L'Illustration, Journal Universe, 6 mars 1880 Crédits : Getty

Le 26 juillet 1881, alors que des révoltes contre les autorités coloniales françaises commencent à éclater, le journal Le Gaulois publie en Une un reportage à Oran signé Guy de Maupassant.

« Rien ne peut donner une idée de l’intolérable situation que nous faisons aux Arabes. Le principe de la colonisation française consiste à les faire crever de faim. Quand ils se révoltent nous pardonnons trop vite peut-être mais que faire ? Nous sommes 300 000 européens contre près de 3 millions d’indigènes. Nous n’avons pas dans l’intérieur un colon pour cent Arabes. Quand ils sont sages nous les affamons. La famine est donc venue cette année, une famine affreuse, complète, c’était la mort pour des milliers d’hommes. Alors un exalté et un ambitieux, ce Bou Hamama, est venu, courant les douars, chauffant les esprits, se disant l’envoyé de Dieu et il a levé des cavaliers. Réclamant simplement ce qui est un droit pour tous, la vie. Si le gouvernement ne cède pas, il y aura quelques milliers de cavaliers de plus pour suivre Bou Hamama et piller nos convois de vivres. En somme tout se borne à une guerre de maraudeurs et de pillards affamés. Ils sont peu nombreux mais hardis et désespérés comme des hommes poussés à bout. Mais comme le fanatisme s’en mêle, comme les marabouts travaillent sans repos la population, comme le gouvernement français semble accumuler les âneries, il se peut que cette simple révolte - insurrection religieuse avortée - devienne enfin une guerre générale que nous devrons surtout à notre impéritie et à notre imprévoyance. 

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