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La vieille dame entourée par deux Morts. Gravure. 1860.

La prétendue "sorcière de l’Ardèche", ou la banalité du mal

5 min
À retrouver dans l'émission

Ce texte témoigne d’une foi dans le progrès caractéristique de l’instauration de la IIIème République en France. L’auteur se saisit en effet d’un fait divers sordide pour vanter les vertus de l’éducation pour tous.

La vieille dame entourée par deux Morts. Gravure. 1860.
La vieille dame entourée par deux Morts. Gravure. 1860. Crédits : Christian Von Mechel/Hans Holbein le Jeune, 1860 ©Florilegius/Leemage - AFP

1885. On pourrait croire que les accusations de sorcellerie sont, à l’aube du XXe siècle, devenues obsolètes. Elles le sont en effet, mais pas lorsqu’on a affaire à un père de famille tortionnaire et légèrement paranoïaque.

Ce dernier s’est étonné, un beau matin, de voir son épouse « incapable d’allaiter son enfant », alors que tout allait manifestement bien les jours précédents. En conséquence de quoi il s’est mis en tête d’accuser la vieille dame du village, déjà régulièrement prise à partie par les habitants pour des suspicions de sorcellerie, et de faire justice lui-même.

Le supplément hebdomadaire de La Petite République du 27 juillet 1885, est le seul média à relater l’événement.

L'éducation pour tous permettra, selon lui, de repousser les croyances ancestrales qui ont poussé un habitant de l’Ardèche à torturer une pauvre vieille que tout le village surnommait la « Sorcière ».

Mais dans son emportement à défendre ce même progrès des consciences, il n’oublie pas non plus de vanter la supériorité de la civilisation européenne qui a su, selon lui, s’élever au-dessus des croyances des « sauvages ». 

Ce n’est pas le moindre des paradoxes de ce texte. 

" Voici qui débute, n’est-ce pas,  tout comme un conte, presque comme un conte de fées. L’histoire que nous allons narrer est pourtant des plus authentiques, et vous l’avez pu voir la semaine dernière, sous forme de faits divers, dans la plupart des journaux. [...] Pour être logique avec lui-même, cet homme qui croit aux sorcières et les condamne au feu, il doit s'attendre à aller ramer sur les galères du roi ou à être pendu, haut et court,  à la branche d’un chêne, puisque c’était là le supplice réservé aux manants, du temps que les moines en cagoules envoyaient les sorciers au bûcher.                      
Il ira apprendre, dans quelque maison centrale, qu’on ne pend plus, qu’on ne brûle plus, qu’on ne rame plus sur les galères, et que sorciers et sorcières n’existent plus de nos jours." La petite république Française, dimanche 27 juillet 1884.

Lecture par Hélène Lausseur

Réalisation : Séverine Cassar

En partenariat avec Retronews, site de presse de la BNF

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