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L'été, divine saison des vacances ?

Lettre ouverte d'un paysan à un citadin... en juillet 1939

4 min
À retrouver dans l'émission

C'est l'été. Le citadin boucle sa valise tandis que le paysan est écrasé par le travail des moissons. Gilles Marguerin lance un appel pour une fraternisation entre hommes des villes et hommes des champs... à condition que les premiers renoncent à leur sentiment de supériorité sur le monde paysan !

L'été, divine saison des vacances ?
L'été, divine saison des vacances ? Crédits : Imagno / Keystone-France/Gamma-Rapho - Getty

Dans Le Petit journal paru le 3 juillet 1939, Gilles Marguerin s'adresse à un citadin imaginaire, sur le point de partir en congés, en ce début d'été...

Vous cherchez le calme, le grand air, le soleil, les beaux paysages dont malgré les avantages que l’on s’accorde à reconnaître aux villes vous avez la nostalgie et le besoin ? Où trouveriez-vous mieux cela qu’au village ? Vous aimez les produits frais, sains, naturels, les bonnes choses ? Nous avons tout cela au village. (…) Les distractions ? Il y a les excursions à bicyclette : elles conduisent les pêcheurs à la rivière, pleine de truites. Et puis nous jouons aux boules sur le mail, on y danse aussi, emportez donc votre phonographe ! Et puis surtout nous aimerions que vous voyiez notre vie et notre travail. Cela vous intéresserait sûrement. Et peut-être comprendriez-vous que la machine ne peut pas tout faire, que les bras sont indispensables et que nous ne volons pas l’argent que l’on nous mesure chichement. Vous pourriez faire votre opinion sur le tas sans passer par tous les bateleurs qui parlent d’agriculture sans en connaître le premier mot. Si vous vouliez en tâter un peu, pour voir, on trouverait bien une fourche à vous prêter pour passer les gerbes. Si l’idée prenait corps, en se rapprochant on pourrait faire bien des choses : vous avez du temps, des idées. Le Parisien est débrouillard, plus que nous ! Mais le rapprochement doit se faire à égalité. Si d’hasard vous répondez à cet appel, dites-vous bien que, aussi indispensables à l’existence commune qu’à la vie du pays, nous ne sommes ni plus ni moins que vous. Nous sommes vos égaux. N’essayer pas de briller, de vouloir nous éblouir, de décourager nos fils et nos filles. Ne vous moquez pas, ne nous traitez pas péquenauds, betteraves, cul terreux ou bouseux. Si vous venez, soyez simple. Soyez compréhensif, sans parti pris. Le comprenant mieux, vous respecteriez mieux le paysan pour ce qu’il représente et le labeur qu’il fournit. En tout cas, vous l’aimeriez certainement davantage. Gilles Marguerin, Le Petit journal, 3 juillet 1939

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