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Départ des condamnés au bagne en 1933 depuis Saint-Martin-de-Ré, escortés par des tirailleurs sénégalais

Au bagne par Albert Londres en 1923

5 min
À retrouver dans l'émission

Une enquête d'Albert Londres à Cayenne. Il raconte le récit de onze forçats évadés puis repris. Après une navigation périlleuse au départ de Surinam et dans l'espoir de rejoindre le Venezuela, les forçats amarrent, par erreur, à Trinidad et sont à nouveau fait prisonniers.

Départ des condamnés au bagne en 1933 depuis Saint-Martin-de-Ré, escortés par des tirailleurs sénégalais
Départ des condamnés au bagne en 1933 depuis Saint-Martin-de-Ré, escortés par des tirailleurs sénégalais Crédits : Keystone-France - Getty

Une loi de 1854 marque la création des bagnes hors du territoire métropolitain. La Guyane, qui après l'abolition de l'esclavage en 1848, manquait de main-d'œuvre, devient ainsi terre de bagne. Il aura vu passer plus de 75 000 détenus, avec des taux de mortalité parfois supérieurs à 20 %.

Le Petit Parisien  publie le 8 août 1923 le premier volet du reportage d’Albert Londres intitulé « En voguant vers la Guyane », « une enquête passionnante, accomplie patiemment et consciencieusement dans le monde des "bagnards" ». Le journaliste s’engage à dire « avec une égale liberté, ce qu’il a vu, entendu et pensé ».

Chaque jour ou presque pendant un mois, Londres raconte ainsi ses rencontres, ses séjours dans l’île Royale, une des îles du Salut jusqu’à Saint-Laurent-du-Maroni, « la capitale du crime » d'après Le Petit Parisien. Il fait découvrir au grand public les pratiques du système judiciaire, par exemple la loi du doublage : chaque détenu au terme de sa peine, a l’obligation de résider dans la colonie pendant un temps égal à la durée de celle-ci.

" Nous n'avions pas peur. Entre la liberté et le bagne il peut y avoir la mort, il n'y a pas la peur. Ce ne fut pas la plus mauvaise nuit. Le quatrième jour apparut. A mesure qu'il se levait, nous perçions l'horizon de nos yeux. On ne vit pas encore la terre ! Ni le cinquième jour non plus, ni le sixième. [...] La barque volait sur la mer comme un pélican. Au matin, on vit la terre. On se jeta dessus. " Albert Londres, En voguant vers la Guyane, 8 août 1923.

Texte lu par : Laurent Lederer  

Réalisation : Séverine Cassar

En partenariat avec Retronews, site de presse de la BNF. 

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