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Jules Verne, Gaston Stiegler, André Jaeger-Schmidt, John Henry Mears et Louis de Beaumont, recordmen du Tour du monde, Une du Petit Journal, 13 juin 1920

Plus rapide que Phileas Fogg, Gaston Stiegler ! (1/2)

5 min
À retrouver dans l'émission

La course autour du monde, une fiction ? Du sport ? Ou du journalisme ? Le 12 mai 1901, Le Matin annonce à ses lecteurs qu'un de ses reporters, Gaston Stiegler, se lance dans l'aventure. 63 jours plus tard, Gaston Leroux raconte le retour triomphal de son confrère qui vient de débarquer à Boulogne.

Jules Verne, Gaston Stiegler, André Jaeger-Schmidt, John Henry Mears et Louis de Beaumont, recordmen du Tour du monde, Une du Petit Journal, 13 juin 1920
Jules Verne, Gaston Stiegler, André Jaeger-Schmidt, John Henry Mears et Louis de Beaumont, recordmen du Tour du monde, Une du Petit Journal, 13 juin 1920 Crédits : Leemage/UIG - Getty

Après Berlin, Moscou, Vladivostok, Seattle, Washington et New York, Gaston Stiegler quitte enfin Londres le 1er août 1901  à 10 heures et arrive à Boulogne vers 13 heures, où il est acclamé par une foule compacte. A Amiens, il est salué par Jules Verne, l'auteur du Tour du Monde en 80 jours qui félicite, en le serrant dans ses bras, le vaillant disciple de son héros Phileas Fogg. À 17 h 59, le reporter arrive Gare du Nord, envahie de Parisiens venus féliciter l'homme qui vient de parcourir 34 448 kilomètres en 63 jours et 16 heures, battant ainsi le record de vitesse du tour du monde de l'époque. Et c'est Gaston Leroux, également reporter au Matin, et inventeur du fameux Rouletabille qui raconte l'événement.

Quand le train pénètre sous le hall de la gare d'Amiens, c'est un immense cri de "Vive Stiegler, vive Jules Verne, vive le Matin !" Les mouchoirs, les chapeaux s'agitent, les bras se tendent. Mais, avec une agilité qu'on ne supposerait pas chez un homme qui a dans les jambes toute la fatigue du Tour du Monde, Stiegler a déjà franchi la foule; il est dans les bras du vieillard et l'embrasse à plusieurs reprises. Subitement tout s'est tu devant le spectacle attendri de cette étreinte qui confond le disciple et le précurseur, le visionnaire et l'ouvrier qui achève de réaliser l'une de ses plus audacieuses conceptions ! Le moment est à l'émotion plus qu’aux paroles. On parle à peine. Stiegler lui dit merci d’avoir pensé, d'avoir prévu ce triomphe vertigineux de l'homme sur l'immobilité des éléments, comme il a prévu la conquête de l'air, la navigation sous-marine et tant d'autres choses que le progrès se hâte chaque jour d’accomplir. Jules Verne répond que la pensée est vaine sans l'acte qui l'exécute, et à son tour lui dit merci d'avoir osé. Le train devait avoir cinq minutes d'arrêt, il en a dix déjà et les employés semblent avoir un remords de les séparer. (Gaston Leroux, Le Matin, 2 août 1901)

Le parcours de Gaston Stiegler autour du monde, 1901
Le parcours de Gaston Stiegler autour du monde, 1901
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